mercredi 16 octobre 2013

Quand l'épouse du requin attendrit les étoiles

Hurrah ! La revue La femelle du requin vient de sortir son 40ème numéro, avec un double dossier consacré à Georges-Arthur Goldschmidt et moi-même, assorti d'un beau bonus spécial Edgar Hilsenrath.  On ne peut pas dire que La Femelle fasse les choses en petit: tous nos livres sont disséqués, des articles de fond inspectent certains aspects de nos œuvres, le tout agrémenté d'un entretien-fleuve et de photos rugueuses signées JL Bertini.
On remercie évidemment toute l'équipe des "requins" pour leur patience, leur écoute, leur bienveillance et leur profondeur de vues (et aussi le vin blanc). Goldschmidt y est cuisiné royalement, à petit feu pertinent, il évoque ses nombreux livres, parle de son traducteur, s'émeut devant Haendel et Sticky fingers des Stones. On pourra lire également dans la revue un extrait de son livre à paraître – titre provisoire : Les Collines de Belleville. Goldschmidt qui cite cette phrase de Flaubert qu'on se hâtera de graver dans le bois sec et sonore de la table d'écriture :
"La parole humaine est comme un chaudron fêlé où nous battons des mélodies à faire danser les ours quand on voudrait attendrir les étoiles."
Voilà voilà. Vous saurez donc tout sur l'auteur d'Une langue pour abri et aussi sur la quinzaine de livres parus à ce jour sous mon nom (avec en prime une analyse robopsychotique de l'ensemble). En prime numéro deux, vous aurez également droit au texte que j'ai lu lors du colloque universitaire consacré à Eric Chevillard, texte dans lequel je prouve par a + b que l'œuvre de Chevillard est impossible, puisque, 
"telle l'amibe qui modifie son comportement et ses pas de danse dès qu'un savant ose braquer sur elle son microscope ou sa hargne, Chevillard n'a de cesse de repeindre, retailler, regraver, resculpter, rebâtir, redessiner, réformer, renommer et restaurer son œuvre, dans le seul but, ne nous leurrons pas, de nous rendre chèvre, taupe, iguane, méduse, etc."
Les revues sont fragiles, mais comme on le voit, certaines durent et ne baissent jamais la garde. On est donc pas peu fier d'avoir été dévoré tout cru par l'ambitieuse mâchoire de ce squale de qualité. Et on vous engage à y faire un tour, que ce soit dans ce quarantième et rugissant numéro comme dans les trente-neuf qui l'ont précédé. Les bons libraires l'accueillent régulièrement. Et d'ailleurs il y aura sûrement une soirée de lancement à la librairie parisienne L'Acacia le 22 novembre, mais bien sûr on vous signalera tout ça le moment venu. Long live the shark's female!

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