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vendredi 26 septembre 2014

Oron, ô espoir

Si vous habitez Oron-la-ville, en Suisse, ou Lausanne et les environs et que vous avez envie de bouger, sachez que samedi 27 septembre (oui, vous avez bien calculé, c'est demain), la librairie du Midi, à Oron, fêtera ses dix ans. Tenue par l'excellente Marie Musy et son facétieux concubin Nicolas, La Librairie du Midi est le genre de librairie capable de vendre cent exemplaires de Tous les diamants du ciel sans pour autant déposer le bilan – total respect. De nombreuses réjouissances sont prévues, et j'aurai l'honneur, avec Fabrice Colin et Julien Blanc-Gras, d'être l'un des trois auteurs invités pour "jouer au libraire" (on ne joue plus au docteur depuis longtemps…).
Chacun d'entre nous présentera trois livres comme s'il espérait convaincre des inconnus de les acheter. Pour ma part, je ferai la retape des titres suivants: L'envoleuse, de Laure des Accords (ed. Verdier); Intérieur, de Thomas Clerc (l'arbalète) et L'innocence, de Brian DeLeuww (éd. Super 8).

Voici le déroulé des opérations pour la journée:

    •11h Lo Tian chansons en patois guitare-contrebasse
    • 12h30 Julien Blanc-Gras, Claro, Fabrice Colin libraires d'un jour
    • 14h30 The Navidson record mélancolie guitaristique avec un peu de chant quand même
    • 15h30 l'AJAR lecture-performance
    • 17h Nineteeneightynine rock-pop 90
    (et toute la journée atelier peinture pour les enfants chez Pierre Tattoo).

Vive les étagères de livres ! et vive la Suisse libre !

mercredi 2 octobre 2013

Les Labyrinthes de la traduction

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Demain soir, jeudi 3 octobre, à 20h, je serai à la librairie Labyrinthes, à Rambouillet, pour une rencontre sur la traduction, son vie, sa œuvre, ses goûts et ses bagouts.

L'adresse est la suivante : 

Librairie Labyrinthes
2/6 rue Chasles / Passage Chasles
 78120 Rambouillet

Si vous habitez dans le coin, je suppose que vous savez comment vous y rendre. Si vous habitez ailleurs, à Paris ou en Papouasie, avalez un GPS, ça peut aider. C'est une librairie que j'aime bien: elle est certes nichée dans une improbable allée commerciale où on ne se risquerait pas à initier une relation zoophile avec un extra-terrestre raffolant de pizza quatre-saisons, mais une fois dedans c'est le paradis. Le paradoxe, comme on le voit, est puissant. Et les libraires qui peuplent l'endroit connaissent leur métier. Donc, le plus dur, une fois qu'on y est, c'est d'en ressortir.

mardi 2 avril 2013

La littérature passée à tabac, ou le syndrome de Fischer-Pigeac

On a lu cette info – ahurissante – sur le site Bibliobs. Deux députés – David Fischer (PS) et Bernard de Pigeac (UMP) – aimeraient étendre le commandement Evin – "Tu ne fumeras pas" – à la littérature contemporaine.
Ils s'en expliquent avec cet aplomb faramineux qui caractérisent les sodomiseurs de mouches dès lors que l'orifice muscidé se refuse à leur timide appendice :
"Il faut savoir ce que l’on veut. Le tabac demeure la première cause de mortalité évitable en France, où il tue à peu près 60 000 personnes par an. Pour lutter efficacement contre ce poison, il est temps d’en finir avec les vénéneuses séductions du romantisme insidieux qui accompagne cette forme de toxicomanie chez les héros de romans. Nous ne disons pas que ça résoudra tout du jour au lendemain, évidemment. Mais on n’arrivera à rien si on ne se bat pas sur tous les fronts à la fois."
Bon, ils sont quand même raisonnables, ces deux über-pignoufs. Ils ne peuvent pas empêcher Sherlock Holmes de s'exploser le cerebrum à la morphine mais veulent en revanche veiller à ce que ça ne se reproduise pas. Plus jamais ça. Il était temps que des père la stupeur s'attaque à ce pan de perversité replié dans les pages. On attend d'eux un peu plus. Davantage d'ambition. Par exemple: qu'on oublie pas de mettre une capote quand on baise au chapitre douze. Qu'on ne trompe plus son mari au chapitre deux. Qu'on ne sale pas trop son entrecôte au chapitre quarante-trois. Qu'on ne brûle plus – impunément, cela va de soi – le rouge feu à l'épilogue. Qu'on cesse de pousser mémé dans les orties. Qu'on ne bouffe plus de la vache enragée. Qu'on se le tienne pour dit. Qu'on ne s'évade plus de prison. Qu'on ne prenne plus les lanternes pour des vessies. Qu'on ne vote plus blanc. Qu'on ne lise plus entre les lignes.
Bref, qu'on en finisse une bonne fois pour toutes, ainsi qu'ils le clament, avec "les vénéneuses séductions du romantisme insidieux". Les quoi? Les vénéneuses séductions du romantisme insidieux. Ça fait quinze pieds et déjà ça boite. Que penser du syndrome de Fischer-Pigeac – qu'autrefois sous des cieux moins timorés on appelait plus crûment "la connerie à l'état pur" ?
Ma foi, il a ses bons côtés. Tout d'abord, il signale à notre l'attention l'existence dans l'hémicycle de deux dangereux demeurés. Enfin, il nous révèle que la littérature contient du benzène, des nitrosamines, du formaldéhyde et du cyanure d'hydrogène. Bon, du coup, il y a un truc qu'on ne comprend pas bien: si tel est le cas, pourquoi deux députés qui ne fument pas cherchent-ils à mégoter? Et surtout: Pourquoi redoutent-ils les effets pernicieux de certains ouvrages, eux qui visiblement n'ont rien lu (colorié?) d'autre dans leur vie que Oui-Oui au pays des Non-non ?
Tati, reprends ta pipe! Coco, rallume ta clope ! Lucky Luke, tire sur ton bong! Transférons vite les cendres de Gainsbourg ! C'est Zeno qu'on assassine…
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Toute ressemblance avec un poisson post-martien serait absolument fortuite…