"La carcasse de la volaille baigne dans le gras": À la table de Renaud Camus
Ce récit que fait Amina Damerdji de cette soirée "dans la gueule du loup" – gueule dans laquelle le loup en question est flanqué de ses deux démons familiers, son assistant et son avocat – est tout sauf un compte rendu d'un repas partagé avec la pathétique raclure qu'est Camus. C'est, pour l'auteure, l'occasion de travailler plusieurs angles morts qui ont fondé, au fil des ans, sa personne: une enfance en Algérie aux plus sombres heures, une scolarité à Stanislas, une amitié fermée par un deuil, des amours déçues… Ce qui est beau, et assez rare, dans ce livre, c'est la part que ménage Damerdji au flou, à l'imprécision: à plusieurs reprises elle précise qu'elle a des doutes sur le déroulement de la soirée, les propos prononcées ou entendues – mais ce "flou", qui ne l'empêche pas d'être droite dans son ethos face au pitre brun (décrit comme un Dracula d'opérette) répond au flou d'événements biographiques qu'elle va, ...







