lundi 12 novembre 2018

Le Grand Prix de la Littérature américaine attribué à L'Arbre Monde, de Richard Powers, traduit par Serge Chauvin, aux éditons du cherche-midi

© Pauline Maillet/Festival AMERICA 
On vient de l'apprendre:

Richard Powers est le lauréat de l’édition 2018  du Grand Prix de Littérature américaine avec L’Arbre Monde, paru en septembre au Cherche-Midi, et traduit divinement bien par Serge Chauvin.

(Note: Les précédents romans de Powers sont tous parus dans la collection Lot49, qui a dû s'arrêter après la parution du dernier livre de William Gass, Regards, traduit par Marc Chénetier)

mercredi 7 novembre 2018

D'un livre qui en est deux


Quand on interroge un écrivain sur son œuvre, on oublie souvent que l’objet dont il s’agit reste irréductiblement double : le livre lu n’est pas le même que le livre écrit. Celui qui interroge l’écrivain parle d’un livre lu, fini, qu’il tient entre ses mains, qu’il peut feuilleter, citer, commenter. Mais l’écrivain, lui, n’a pas la même vision de son livre. Quand on lui parle de son livre, il sait bien sûr qu’on lui parle de cet objet de papier palpable, mais il ne peut s’empêcher d’en avoir une tout autre vision, une tout autre intellection, car pour lui le « livre » en question c’est avant tout l’immense accumulation des pages écrites, les passages biffés, les pistes écartées, les divers états qui se sont succédés ou surimposés, les divers rêves par lesquels est passé le livre, son état fantasmé tel qu’il l’a guidé tout au long de l’écriture.

Son « livre » est nettement plus touffu et mobile que celui, pourtant le même, dont on lui parle. S’il a bien sûr conscience et souvenir de l’état final, il n’en reste pas moins que ce livre est une espèce d’archéologie encore en mouvement, encore en tremblement, il est dense du temps souvent long qui lui a été consacré, et qui s’oppose à l’immédiateté de sa parution autant qu’à l’indécidable de sa fragile longévité. Voilà pourquoi, entre autres choses, il n’est pas toujours aisé pour un écrivain de parler de son livre – car « son » livre grouille d’intentions réalisées et d’esquisses avortées, les chapitres ont bougé, le début a été cent débuts, la fin est arrivée assez tôt, etc. Quand on lui cite une phrase, ce n’est pas cette phrase qu’il entend, mais toutes celles qui se sont entredévorées avant d’accoucher de celle-ci ; tel passage est pour lui moins lié à son point final qu’aux pénibles problèmes que ledit passage a causés à sa narration en s’imposant.

On lui parle d’une trajectoire précise là où il sait que des hasards nécessaires ont fait tanguer l’œuvre vers d’autres rives. Alors, à force d’être questionné, l’écrivain s’adapte, il se fait auteur, il donne les bonnes réponses, il formate un peu ses commentaires, la magie volcanique s’estompe, il faut apprendre à envoyer des signaux de fumée, qui plus est lisibles, et lisibles de loin. Pourtant, son livre demeurera à jamais une expérience, irréductible à la forme par défaut satisfaisante qu’il a fini par adopter.

lundi 5 novembre 2018

Comment commence (un livre)

Et sans doute le livre qu'on commence à écrire a-t-il déjà commencé, et ce avant même qu'on décide de son commencement. Oui, il a commencé dans la marge, à la limite de la vision périphérique de l'esprit, prenant naissance dans l'angle mort de la pensée. Il peut rester longtemps dans ces limbes vigilantes, mais sa quête d'une forme le pousse assez vite à solliciter notre imaginaire, le livre encore à écrire s'invite sous forme pour ainsi dire organique dans la moindre de nos cogitations, il suscite des rapprochements, teste des liens, appelle des prolongements. Il est tout sauf une idée, ou bien c'est une idée dotée de branchies, qui inhale l'eau trouble de nos rêves. Il nous habite, nous hante, s'accroche à nos distractions. Il est têtu, tenace, il a à cœur de faire l'épreuve de la structure, du gauchissement, de la torsion — va-t-il résister à nos malhabiles manipulations? Puis il prend racine, ou plutôt crée ses propres racines, sa matière volatile se densifie, il lui importe de devenir objet de langage, matière à langue, et pour ce faire il élit ses quartiers non seulement dans nos pensées mais dans notre corps, il est comme une maladie salutaire dont on doit apprendre à identifier et décrypter les symptômes. Il a besoin de cette maturation, de cette macération. Surgir n'est pas son but; ce qu'il veut c'est se diffuser, nous changer en diffuseur, se complexifier sans s'obscurcir. On s'en saisit alors, on met à plat, on déplie, on compare, on superpose, on rogne, on arrache, on froisse, on voit ce qui tient, ce qui ne tient pas, ce qui doit d'abord casser pour que ça tienne. Car ce livre déjà commencé dans l'infra-corps, il ne s'agit pas de le raconter, mais de le laisser rhizomer à sa guise, un certain temps du moins. Commence alors le dépassement du commencement. On se retrouve au milieu du livre, on cherche ses points d'équilibre, on le met lentement en mouvement, rotation, fuite, cascade, le voilà qui nous occupe tout entier, nous exige et nous éprouve. On recommence avec lui. 

jeudi 25 octobre 2018

Autrice, ô désespoir

Vous dites auteur, ça passe. Auteure, ça passe encore. Autrice, ça coince. Plein de gens trouvent ça moche, et surtout le disent. Bien. C'est cool de s'exprimer, surtout depuis que les citoyens à qui on ne demandait rien sont devenus des internautes persuadés d'être consultés sur tout. Bon, j'avoue, "autrice", ça fait bizarre. Mais la question qu'il faut peut-être se poser, c'est : pourquoi? Oui, parce que, très sincèrement, "actrice", en revanche, ça ne me gêne pas. Pourquoi ça ne me gêne pas? Parce qu'on m'y a habitué. Me suis-je habitué à d'autres mots nouveaux? Ma foi, je crois. Est-ce que je pense que je vais avoir du mal avec "autrice"? Peut-être. Et alors? Me suis-je souvent plaint des mots nouveaux? J'ai accepté sans sourciller "gérer" pour remplacer le mot "vivre", donc ça veut dire que je m'adapte, non? 

Ce qui est intéressant dans les réactions observées, c'est l'absence de réflexion. Autrice, c'est moche; actrice, c'est normal. On passe du c au u, les gars, pas du CO2. Calmos. Demandez-vous plutôt pourquoi votre oreille, à défaut d'être absolue, est aussi sensible. Pourquoi le son nouveau ne passe-t-il pas? Vous pensez vraiment que c'est une question harmonique, phonique? Ce qui est inquiétant, c'est que l'on trouve ça choquant. Car ça l'est – comme tout mot nouveau. Mais qu'autrice fasse se lever autant de boucliers là où actrice coule de source, voilà qui devrait nous obliger à un minimum de réflexion quant à la façon dont nous entérinons les sons, et, derrière ces sons, leur réalité. Il serait intéressant de savoir quand le mot acteur a été entériné, et quand le mot actrice (ça date de Molière…). Y a-t-il eu des gens, au début, pour tiquer devant ce "actrice" qu'on employait auparavant pour désigner pour désigner "celle qui joue un rôle dans une affaire", ce qui en dit long, non? Et auteresse, ça vous gênerait ? Allons, vous vous êtes pourtant habitué à doctoresse, et enchanteresse ne vous gêne plus depuis un bail. Archiduchesse, je n'en parle même pas. 

La langue nous parle. Elle nous parle d'elle, de nous, de qui nous sommes, de ce qui nous fait peur, de ce que nous cherchons à exclure. La langue aime l'immobilisme parce que nous ne voulons pas que certaines choses changent, et pourtant la langue est prompte à toutes les métamorphoses. Derrière le mot "actrice" paradent – apparemment – des belles femmes, comme on dit. Dans l'imaginaire imposé, en tout cas. Les femmes auteures devraient-elles se changer en pin-up pour qu'on leur concède le droit d'être appelées autrices? Mais peut-être ne veulent-elles pas qu'on leur concède quoi que ce soit. Car c'est bien là que le bât blesse. Et il va falloir beaucoup d'imagination aux hommes pour comprendre que les femmes ne piétinent pas dans la quête transie de leur approbation. 

Le Grand Bain, ou un certain malaise

Outre le fait que Le Grand Bain de Gilles Lellouche pêche par sa lumière épouvantable, son cadrage approximatif et son scénario à tiroirs qui coincent, sans parler de son final artificiel, on peut s'interroger sur un point du casting. En effet, à côté d'une brochette d'acteurs connus figure un acteur totalement inconnu: Balasingham Tamilchelvan – dont Allo Ciné nous indique qu'il est de nationalité "indéfinie", sans préciser aucun film à son actif, mais dont le nom peut laisser supposer qu'il est d'origine tamoul. Dans le film de Lellouche, son rôle est réduit à la portion congrue – sa seule prestation consiste en gros à s'exprimer dans sa langue – deux ou trois répliques, que ses compagnons semblent bizarrement comprendre (c'est drôle la première fois, puis, comique de répétition oblige, c'est censé l'être les autres fois). Tous les membres de la petite bande ont droit à son mini biopic (femme, enfant, boulot, causes de la dépression), tous interagissent les uns avec les autres (ils s'écoutent, s'entraident…) – sauf le personnage d'Avashim, qui n'est là que pour son physique enveloppé et ses phrases incompréhensibles – une seule de ses répliques, bizarrement, sera traduite par un sous-titre. D'où un malaise certain…

Quel sens donner à ce rôle ratatiné à trois fois rien, réduit à quelque propos en langue étrangère, propos qui ne rencontrent les trois quarts du temps que l'agacement des autres (genre; tu nous fais chier) ? Pourquoi ce parti pris? L'effet comique visé demeure douteux – on devrait rire d'un Tamoul s'exprimant dans sa langue + du fait que les autres semblent le comprendre. Mouais. Mais cela demande alors de rire dans le même temps du fait que son rôle n'existe pas, en comparaison des boulevards boulevardiers taillés aux autres acteurs (plus ou moins larges en fonction de leur côte et leur capacité à cabotiner…). On est donc censé se concentrer sur les petites dépressions de ces quelques Blancs sur la sellette, et ne jamais se préoccuper d'un personnage dont on ne sait rien, qui n'est jamais réellement filmé (aucun plan signifiant de son visage, comme s'il n'avait pas lieu d'être, et rien à jouer hormis son "étrangeté"). Un simple faire-valoir ? Une résurgence du "Noir rigolo" dont abonde le cinéma américain (et français, aussi, sûrement)? La gêne est d'autant plus palpable qu'elle est niée par le scénario.

On aimerait ne pas avoir à aller aussi loin dans le décodage de cette potacherie tournée à la truelle, et pourtant, noyé dans la poussive fantaisie du film, le personnage d'Avashim semble nous faire signe depuis son inexistence filmée, comme pour nous dire: Que se passe-t-il? Pourquoi ne me laisse-t-on pas passer? Ce Grand Bain ne serait-il qu'un énième lessivage?

mercredi 24 octobre 2018

De quoi Lorànt Deutsch est-il le nain ?

Le mur du son de la lexiconnerie vient d'être franchi par Lorànt Deutsch, lequel a déclaré sur France 5:
“Je ne vois aucun intérêt à apprendre l'arabe à l'école. Sachez que dans la langue française, il y a plus de 600 mots arabes !”
Cette phrase, outre qu'elle témoigne d'une bêtise sidérale et d'un arrière-fond politique clair comme de la vase raciste, n'est pourtant pas sans intérêt. En effet, elle semble obéir à une logique particulière. Elle part du principe que si l'on possède, même à son insu (surtout à son insu…), un certain pourcentage de connaissances factuelles, il n'y a aucun intérêt à accroître ledit savoir. On peut donc l'appliquer à pas mal d'autres langues (le latin, évidemment) et à peu près tous les champs du savoir. Par ailleurs, on l'imagine très bien figurer dans un dialogue socratique…

Socrate: Qu'entends-tu par ce sophisme débilissime, Lorànt?
Lorànt: Je dis que ce que l'on sait on n'a pas besoin de l'apprendre.
Socrate: On pourrait dire cela, certes, mais ne fais-tu pas une différence entre savoir et apprendre?
Lorànt: Ce que l'on sait, on l'a appris. Ce qu'on apprend, on le sait.
Socrate: Mais savoir n'est pas connaître si l'on n'a pas appris, Lorànt.
Lorànt: J'entends bien, mais si l'on veut répandre l'idée qu'il y a trop d'Arabes en France et qu'ils nous veulent du mal? N'est-il pas utile de laisser entendre que notre langue a été colonisée?
Socrate: En ce cas, ne serait-il pas plus expédient d'être révisionniste?
Lorànt: Non, car les révisionnistes sont parfois interpellés par la justice.
Socrate: Je te l'accorde. Quel parti conseilles-tu alors?
Lorànt: Je dis, Socrate, qu'il vaut mieux proférer des conneries énormes à la télévision en leur donnant l'aspect du bon sens.
Socrate: Mais ne crains-tu pas qu'on te fasse le reproche d'être malhonnête intellectuellement ?
Lorànt: Tu dis vrai, et je veux bien prendre ce risque. Mais comme on m'invite partout pour faire la promotion de mes livres, je suis gagnant à la longue. 
Socrate: A la bonne heure.
Lorànt: Ah, tu vois, Socrate, tu connais le nom d'Allah !
Socrate: Mais qu'il est con…

vendredi 12 octobre 2018

Moore et Sterne sont dans un bateau…

Le Prix Laure-Bataillon est attribué conjointement à l’écrivain étranger et à son traducteur en langue française. Il est doté de 10 000 €, remis pour moitié à l’auteur et pour moitié au traducteur.
 
Le prix Bernard Hoepffner honore quant à lui la traduction d'un auteur décédé ou une retraduction. C’est donc pour la traduction de l’indispensable Voyage sentimental de Laurence Sterne, paru chez Tristram, que Guy Jouvet se voit distingué

Le jury du Prix Laure-Bataillon est constitué d’écrivains, de traducteurs et de critiques littéraires : Marianne Alphant, Geneviève Brisac, Pascale Casanova Patrick Deville, Gerard Meudal, Jean-Baptiste Para, Anne-Marie Garat et Alain Nicolas.

Ces prix seront remis en présence des lauréats à Saint-Nazaire pendant les rencontres littéraires internationales Meeting n°16 le samedi 17 novembre, et à Paris jeudi 22 novembre à la librairie L'arbre à lettres.

A propos du plus beau livre du monde

A sa parution, rares sont les lecteurs français qui ont lu et commenté le chef d'œuvre de Marguerite Young, Miss McIntosh, My Darling.

On peut toutefois signaler le cas de Pierre Brodin, qui non seulement a lu alors le livre en anglais mais s'est également entretenu avec l'auteure. Il lui a consacré un bel article, qu'on peut lire ici.




En voici les dernières phrases:



Brodin espérait également que le livre trouve vite un accueil en traduction. Hélas, il n'en a rien été à ce jour. Miss McIntosh, My Darling reste le secret le mieux gardé de la littérature mondiale dans la catégorie des chefs d'œuvre, malgré le soutien indéfectible d'Anaïs Nin à l'époque. Sa taille n'y est pour rien, car ses cousins – Ulysse, Moby Dick, La Recherche, etc. – n'ont en rien pâti de leur volume, mais il est vrai que ces derniers étaient écrits par des hommes. Espérons que cette œuvre surréelle et lunaire finira par s'imposer, non parce qu'elle est imposante, mais parce que son invisibilité est parmi les plus terribles injustices littéraires. Saint Jérôme, priez pour elle…

jeudi 11 octobre 2018

L'œil (critique), ce problème

Alors maintenant la nouvelle tendance, plutôt que de parler des livres, c'est de parler de ceux qui en parlent. Surtout si c'est pour leur jeter des tomates. J'avais déjà eu droit à un égratignage par Neuhoff après ma critique (négative) sur Tillinac dans Le Monde des Livres (ah, la solidarité néo-hussarde…). Voilà que c'est à présent au tour de Patrick Besson de s'occuper de mon cas en gâchant une page entière du précieux magazine Le Point. C'est suite à un papier que j'ai écrit sur le livre de Patrice Pluyette (livre que j'ai aimé) – Besson a-t-il lu Pluyette? On ne sait pas. Sans doute que non. En tout cas, ce n'est pas son sujet. Il préfère s'occuper de ma prose, ce qui est peut-être flatteur, mais bon…

Tout d'abord, Besson trouve que j'ai un nom d'ampoule électrique. Venant de la part de quelqu'un qui a un nom de sauce créole (Dame Besson, le leader de la sauce pimentée !), c'est plutôt amusant. Puis il me cite :
'Notre ignorance du monde est un monde en soi, avec ses reliefs, ses monts et ses vaux, ses fables et ses fontaines.'
Commentaire de Besson:
"Comment peut-on ignorer le monde quand on est dedans, ce qui constitue la condition de tous les êtres humains non décédés ? Il nous faut ensuite imaginer, par exemple, une fontaine à l'intérieur de notre ignorance du monde."


Oh. Une petite leçon de sémantique s'impose. Parler de l'ignorance du monde ne veut pas dire qu'on "ignore le monde", mais que notre ignorance à l'égard du monde est grande, et constitue donc un monde en soi. Ensuite, Besson n'arrive pas à imaginer une fontaine dedans. Problème d'yeux? Mais enfin, quand je dis "ses fables et ses fontaines", il est clair que je fais un clin d'œil aux fables de La Fontaine. Je ne dis pas que c'est forcément drôle ou subtil, mais je pensais que ça se voyait. J'aurais dû mettre des italiques ou une note entre crochets.

Ce n'est pas tout. Je parle dans mon papier de "parcourir l'infini concentrique", et là encore Besson n'est pas content. Il est persuadé que le lecteur du Monde des Livres est bête et ne va pas se faire d'image nette à partir de ma tournure. Problème d'yeux? C'est pourtant assez simple, il suffit de tourner en rond sans s'arrêter, un truc que Besson devrait assez facilement comprendre, de par son expérience.

Quoi d'autre? Ah oui, je parle des écrivains qui plantent "le décor comme un chou". Besson rouspète: il sent qu'il y a un jeu de mot, mais il ne le voit pas. Problème d'yeux? Ah mais ça y est, je comprends! Dans mon article sur Pluyette, je parle à un moment de "se faire greffer de nouveaux yeux", et bon, c'est une image, hein, mais Besson préfère me rappeler que "la greffe des yeux, comme celle du cerveau et du pénis, n'a pas encore été réalisée". Voilà. Le mystère s'éclaircit. Besson a un problème de cornée! La greffe d'yeux étant irréalisable, c'est un sujet qu'il n'aime pas voir aborder. Oui, ça doit être ça. Quant à la greffe du cerveau, que Besson ne s'inquiète pas, il n'est pas concerné – en tout cas, pas comme donneur.

PS: Je signale aux lecteurs et aux lectrices du Point que le jeune homme tenant une poule dans ses bras, dont la photo illustre l'article de Besson, n'est pas moi. Décidément… Problème d'yeux?