FestivAlvignon (6): Le Deuil sied à Electre, par Gwenaël Morin
La tragédie des Atrides avait trouvé, avec Eugene O'Neill, un dramaturge aguerri, capable à la fois de relancer la donne de l'amour-haine telle qu'imaginée par Eschyle en la situant dans l'Amérique de 1865, derrière lequel, en pali mpseste, se devinait une Amérique plus contemporaine de l'écrivain, celle des années 1930 – une trilogie à trois niveaux, chargée d'affects aussi mythiques que violents. Avec Gwenaël Morin, cette transposition de l' Orestie trouve son expression la plus brute et la plus électrisante, grâce à ce dépouillement scénique dont le metteur en scène a le secret: pas de décors, hormis quelques chaises et tables de jardins; pas de costumes d'époque, juste le jardin nu et ombragé du Jardin de la rue de Mons, à la Maison Jean Vilar. La pièce à l'os? L'expression est inadéquate, tant les personnages d'O'Neill sont ici incarnés, devenus eux-mêmes les décors psychiques de leur drame. Pendant trois heures trente, six acteur...








