Pour ne pas ajouter à la brûlure du siècle: Quand Thierry Raboud réinvente la grâce des glaciers
J'ai parfois envie d'être un écrivain suisse, ça m'aiderait peut-être à élargir mes horizons, à diffracter ma syntaxe, à faire de l'intime un paysage plus pertinent. C'est du moins ce que je pensais en lisant – non pas l'immense Roud ou l'intrigant Ramy ou le rigoureux Bourrit – mais le livre de Thierry Raboud , intitulé Un monde en liquidation , et sous-titré Histoires postglaciaires , livre que l'auteur a eu la bonté et intuition de m'offrir lors de mon bref passage à la librairie Fontaine, à Vevey, en Suisse, à quelques mètres de ce lac devant lequel on peut se poser sans penser à rien, comme si le monde était lui aussi un lac où rien ne se passait. Raboud, qui travaille sa prose au millimètre sans que jamais elle fasse l'économie de l'émotion et de l'intelligence, part d'un photo de famille sur laquelle cohabitent deux icônes, le glacier et l'ours, puis déplie ces images afin qu'en leurs plis aplanis (mais aplanis n'e...








