On achève bien les fillettes: Séverine Chevalier et la pierre de silence
De Séverine Chevalier, on avait plus qu'apprécié le précédent roman, Théorie de la disparition . Cette fois-ci, avec De guerre ou d'ailleurs , c'est d'une autre forme de disparition qu'il s'agit (quoique…), d'une disparition à l'intérieur de soi, dans un vide creusé chez une fillette par un oncle incestueux. La première phrase du chapitre 2 n'y va d'ailleurs pas par quatre chemins: "Enfant, comme tout le monde Lolita B. est violée par un oncle super sympa." Impossible de résister à citer la suite: "Ou par un père, grand-père, arrière-grand-père, frère, curé, cantonnier, policier, épiciers, pompier, ouvrier, fermier, boulanger, abbé, éducateur, moniteur, éditeur, marketeur, instituteur, professeur, acteur, chanteur […]." La liste est longue, puis se nuance, mais la violence, elle, reste sans nuance, le poignant crée la plaie, et la plaie ne guérit jamais, on le sait. Le roman suit le parcours en dents de scie (ou plutôt trac...






