Renaud Camus, le grand remplacé
L'ouvrage co-écrit par Gaspard Dhellemmes et Olivier Faye, L'homme par qui la peste arriva , n'est pas à proprement parler une biographie de Renaud Camus, ni en vérité un portrait à charge, le sujet-objet de leur livre n'ayant pas besoin qu'on le charge pour crouler de lui-même sous le fardeau de ses détestations. Non, l'intérêt de ce livre, c'est de suivre un parcours intellectuel, mondain, idéologique, littéraire, fascisant, et d'essayer de comprendre à quel moment l'auteur gay et socialiste adoubé par Barthes et tripoté par Aragon est devenu un réac de la pire espèce copinant avec Zemmour et alii. À la toute fin de leur livre, les auteurs demandent carrément à Renaud Camus : "Que s'est-il passé?" Mais cette question est destinée avant tout à Renaud Camus, au cas (improbable) où lui-même s'interrogerait sur son parcours chaotique, sur ce douteux cheminement qui le fait passer des back-rooms des années 70 à la Factory d'Andy Wa...



