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mercredi 13 janvier 2016

Comment rester immobile quand on monte en l'air

Pour ceux et celles qui auraient raté notre bouillante prestation à Toulouse (à savoir presque huit milliards d'individus humains, d'après les chiffres de la police planétaire), il sera possible de rattraper le coup vendredi 15 janvier à 19h à la librairie le Monte-en-l'Air.

En effet, ce soir-là, l’occasion de la récente publication de mon anti-ode – Comment rester immobile quand on est en feu aux éditions de L’Ogre, – Olivier Mellano et moi-même vous proposerons une lecture musicale de ce texte. J'apporte mes cordes vocales, Olivier apporte sa guitare, le libraire fournit l'ampli, et l'éditeur offre les chips. Pour l'ambiance, on compte sur vous.

Mais de quoi diantre s'agit-il? vous demandez-vous, inquiet, et on vous comprend. Pourtant, c'est simple comme tout. Il suffit de méditer onze secondes ces vers de Claudel: « Que parles-tu de fondation ? la pierre seule n’est pas une fondation, la flamme aussi est une fondation, / la flamme dansante et boiteuse, la flamme biquante et claquante de sa double langue inégale ! » puis de les prendre comme une mesure musicale, une invitation à faire dialoguer entre elles deux aspirations en apparence contraires, l’une portée vers le temps de la grâce, l’autre attirée par le plancher des vaches. Deux régimes de langue, donc, l’une danse l’autre pas, mais toutes deux sont prêtes à en découdre. Voilà, maintenant oubliez Claudel et laissez rugir la guitare du barde Mellano.

Il s’agira vendredi d’en découdre, de découdre le langage, de faire craquer ses coutures. Comment rester immobile quand on est en feu est à la fois un questionnement – l’exercice est périlleux – et un mode d’emploi – essayons toujours… –, une entreprise de gai savoir, où l’abstrait donne des coups. C’est le langage qui parle ici, incarné dans deux voix prises entre deux feux, avec pour horizon tremblé le refus d’être dupe et la joie de résister..

Venez très beaucoup!

Le lieu: Librairie Galerie Le Monte-en-l’air
71, rue de Ménilmontant / 2, rue de la Mare
75020 Paris
Tél. : 01 40 33 04 54

L'heure: 19h

mardi 11 mars 2014

Cannibales & résidents: Jeudi 13 mars, on Monte-en-l'air !

L'écrivain Laure Limongi est actuellement en résidence à la librairie Le Monte-en-l'air. Son projet de résidence, intitulé "L’hospitalité", est centré sur la question de l'hospitalité de la langue, ainsi que sur l'hospitalité dans la pratique artistique et dans le champ social. Alors forcément: bienvenue !

A l'occasion du lancement de cette résidence, Laure Limongi a concocté une soirée spéciale à la librairie le Monte-en-l'air le jeudi 13 mars à 19h. Je serai son premier invité (en présence de Pacôme Thiellement, à qui Laure succède). Il sera donc question de mon recueil critique récemment paru aux éditions Inculte – Cannibale Lecteur. Dans la plus pure tradition de l'Inquisition, Laure Limongi m'interrogera sur diverses questions: écriture, lecture, écriture de la lecture, usage et allumage du blog, a-t-on encore le droit de critiquer, lire est-il naturel chez l'homme, peut-on sauter les pages comme si c'étaient des moutons, etc.

Précisons que le site Remue.net, qui a un espace dédié aux résidences de la région Île-de-France, relayera les éléments. La résidence durera dix mois. À chaque événement, Laure Limongi partagera une recette qui lui aura été offerte et que vous pourrez déguster en buvant un verre après les lectures et discussions. Les traits de L’Hospitalité sont dessinés par Jean-Christophe Menu. (Résidence créée avec le soutien de la région Île-de-France.)

Bon, je résume: c'est jeudi 13 mars, c'est à 19h, c'est au Monte-en-l'air (71, rue de Ménilmontant / 2, rue de la Mare, 75020 Paris). C'est dans le cadre de la résidence de Laure Limongi. On dégustera des ****. Je lirai un texte inédit et cataleptique sur le phénomène inquiétant des résidences. On verra bien si c'est le lecteur qui est cannibale ou le cannibale qui est lecteur… Bref, venez très beaucoup!

samedi 1 juin 2013

Chevillard dans le bac à sable (et Cadiot/Quintane en plein Farah)

Je me permets – pardon: j'insiste pour  vous signaler la présence exceptionnelle d'Eric Chevillard à la librairie Le Monte en l'Air (71, rue de Ménilmontant / 2, rue de la Mare, 75020 Paris) ce soir, samedi 1er juin à partir de 18h30. Il dédicacera avec Frédéric Rébéna l'album pour enfants que viennent de publier les éditions Hélium, La ménagerie d’Agathe. Si vous avez des enfants, allez-y. Si vous n'en avez pas, allez-y quand même (ou faites-en le soir après y être allé). Voici ce que nous en dit le libraire qui l'accueille:
Eric Chevillard fait ici l’inventaire des jouets de sa fille Agathe dont il constate l’écart de formes, de matériaux (« Les vrais canards ne sont pas en plastique. Ils sont en viande et en plumes comme vous et moi »), de taille et de fonction, avec les animaux du monde réel. Agathe ferait bien de se méfier : les jouets animaux, ces compagnons si innocents, si doux, si malléables (le tigre qui se laisse enfoncer le doigt dans le nombril, la girafe Sophie qui émet un coup de klaxon quand on l’écrase, l’ourson recouvert de vraie fourrure…) sont, dans la réalité, des êtres sauvages parfois terribles, indomptables, tout à fait étrangers à l’univers protégé de l’enfance. De ce balancement entre le monde des jouets qui évoque souvenirs, jeu et sensations, et celui du monde animal, surgissent des textes surprenants, servis par une langue sonnante et simple, toujours à la portée de l’enfant. On se délecte de ces bijoux littéraires qui laissent apparaître derrière l’ironie de l’écrivain la tendresse du père, renversent le point de vue. Ils inspirent à Frédéric Rébéna une liberté totale dans son traitement de l’illustration, qui passe du croquis libre au grand dessin naturaliste, de la drôlerie d’un petit jouet à la splendeur impressionnante d’un félin.

Et en prime, parce qu'on n'est pas radin, un extrait :
"Agathe possède un petit éléphant multicolore. C’est n’avoir rien compris du tout à l’éléphant. Agathe se trompe sur toute la ligne. Et de un, le vrai éléphant est un énorme éléphant. Et de deux, il n’est bariolé que de gris. En plus de cela, il barrit quand il a quelque chose à dire, même si ce n’est pas très important, tandis que le petit éléphant d’Agathe est muet comme une carpe dont il a d’ailleurs aussi la taille et, sur les flancs, les belles écailles bigarrées. Alors la question se pose : se pourrait-il que l’éléphant d’Agathe, si peu crédible en tant qu’éléphant, soit en réalité une vraie carpe ?"

A signaler, au même endroit, le lendemain, une rencontre à ne pas rater non plus – là encore je relaie les infos fournies par le libraire (et me désole de ne pouvoir être présent à ces deux rencontres, mais je serai en Normandie, au festival Terres de Paroles, où je converserai avec Mathieu Riboulet et Anne Serre, on ne peut pas être partout, déjà que c'est difficile d'être quelque part, hein), donc, comme je le disais, voici le programme du dimanche :

Dimanche 2 juin à 17 heures, vous êtes conviés à une rencontre festive à la librairie-galerie Le Monte-en-l’air pour célébrer le lancement de l’essai Le Gala des incomparables, un livre d’Alain Farah consacré à deux des œuvres les plus inventives et exigeantes de la littérature française contemporaine : celles d’Olivier Cadiot et Nathalie Quintane.

Au cours de cette après-midi, Nathalie Quintane, Olivier Cadiot et Alain Farah se prêteront au jeu de la discussion en tentant de réfléchir au statut de l’invention littéraire et de la résistance politique dans leurs travaux respectifs.

mardi 29 janvier 2013

L'empire de la chair et le corps révélateur montent en l'air

Bon, tout est dit ou presque sur l'affiche en ce qui concerne l'événement graphique de jeudi prochain, mais un petit rappel ne fera pas de mal. Yann Legendre a commis, assisté par ordinateur (à moins que ce ne soit lui qui ait assisté l'ordinateur), un port-folio intitulé "Flesh Empire", un recueil d’illustrations hors-commerce limité à 300 exemplaires (24 pages format A2 N&B), et publié par Inculte, que j'ai eu l'honneur (et l'aubaine) de préfacer (ça s'appelle "Le corps révélateur"cf. extrait ci-dessous). L'ensemble va donc être exposée à partir du jeudi 31 janvier à la librairie-galerie Le Monte-en-l'air jusqu'au 5 février (2 rue de la Mare, 75020) à l'occasion d'un petit vernissage qui aura lieu jeudi 31 janvier à 18h30. Yann Legendre nous expliquera sans doute comment il s'y est pris et je lirai sans doute quelque chose, il y aura sans doute des gens et sans doute à boire et sans doute viendrez-vous, on n'y peut rien, la vie est ainsi faite, de toute façon rien n'est jamais acquis à l'homme, ni sa force ni sa faiblesse et, bien souvent, ma foi, quand il croit ouvrir les bras, eh bien il se trouve que son ombre est celle d'une croix (ici, ajoutez un bruit d'hélico au loin et quelques arpèges déliquescents).
Précisons que des "extraits" de ces dessins tournant autour du corps-machine illustrent parallèlement une anthologie à paraître aux éditions Inculte, anthologie intitulée Cinquante nuances de cul, dont voici l'argumenteur [sic]:
Le « cul » a toujours irrigué la littérature, nous offrant des œuvres parfois délicates, teintées d’un érotisme désuet, parfois plus crues voire franchement pornographiques ou transgressives. James Joyce, Pierre Louÿs, Hubert Selby Jr., Sade, ou encore Baudelaire ont en commun d’avoir consacré des pages, des volumes, des œuvres entières à la « chose » sous toutes ses coutures, quitte à s’attirer les foudres de la censure. Les textes regroupés dans cette anthologie littéraire débridée traversent les siècles et l’histoire littéraire montrant que l’apologie du corps, des plaisirs (et déplaisirs) charnels n’a cessé d’obséder les écrivains, qui eux aussi ne pensent qu’à « ça ».
Bon. Tout le monde a suivi? Flesh Empire + le Corps révélateur = Monte-en-l'Air. C'est jeudi. De quoi ça parle? C'est tout simple:
"On fait souvent toute une affaire du corps dont le corps n’a rien à faire. Regardez-le ! Palpez-le ! Enfilez-le ! Il sort toujours gagnant du puits où vous l’avez plongé, fier geyser de chair, festive fusée, ni blanc ni noir, ni mâle ni femelle, telle la vérité dans le plus simple appareil, ah mais quelle machine, à croire qu’il est la forme des formes, le grand sportif revenu de toutes les compétitions, avec en sus une petite idée derrière la tête, qu’il porte haute, en couronne, solaire dès qu’il fait nuit et lunaire au petit jour, c’est sa façon à lui de se reproduire, d’attirer dans son orbite tout ce qui ensemence, et par ici la démence! à lui le manège à mille temps des affects et des pulsions hurluberlus ! Non, vraiment, le corps c’est de la dynamite, mais fluide, mais loquace, vouée aux plus lentes explosions qui soient, afin que tout le monde puisse suivre, à la queue leu leu ou l’un dans l’autre."


mardi 28 août 2012

Soap primordial: Pacôme is back

Alléluia ! 

Le premier roman de Pacôme Thiellement, Soap Apocryphe, vient de sortir aux éditions Inculte. 

On le lit très vite (mais là on vient de tomber dans Tanguy Viel, alors on est encore sous le choc). On vous parlera aussi bientôt de son essai sur Nerval, L'Homme-électrique

En attendant la déferlante Thiellement, voici ce que l'éditeur nous dit du livre de sieur Pacôme:

"Un petit groupe de jeunes intellectuels travaille à l’édition d’un livre apocryphe ­intitulé Contre ­Clément démontrant comment Jésus devenu vedette a imposé le christianisme grâce au star-system. En parallèle, Pauline Jacques, l’ex-petite amie de Léon Tzinman, l’un des exégètes, comédienne de son état, entame une irrésistible ascension et devient maîtresse du monde.
Soap apocryphe est le premier roman de Pacôme Thiellement, écrivain, journaliste et réalisateur français, connu pour ses essais mêlant culture pop et philosophie (Les Mêmes Yeux que Lost, Tous les chevaliers sauvages, sur l’épopée d’Hara Kiri). Un texte drôle, érudit, critique acerbe du pouvoir de la célébrité, un Umberto Eco à la mode pop."

Et en prime, voici un extrait:

« En l’an 30, à Jérusalem, ou s’approchant. Après être revenu d’entre les morts, un certain Jésus-Christ – plus connu à l’époque sous le sobriquet drolatique de Pet d’Âne – avait épaté la gale­rie en tenant quarante jours dans une espèce de corps astral, gluant, glissant, collant, bâclé à la 6-4-2 par son Père pour asseoir son succès d’estime auprès de son petit cercle de fans. Un pigeon épileptique chut en flèche sur ses potes et ils se piquèrent de parler en langues. “C’est fou comme ça marche, ce genre de conneries”, pensa la bande à Jésus quand elle vit le Christ-Club passer de onze personnes à trois mille. Simon-Pierre, le manager du groupe, ­cigare au bec, flairant la bonne affaire, prit instantanément les choses en main et décida d’apporter la news aux autres kabirous disséminés sur le continent. Les jurés de la Sainte Académie commencèrent leurs tournées de pop stars. »

A signaler une chouette rencontre en librairie, au Monte-en-l'air (71 rue de Ménilmontant, à Paris), le mardi 4 septembre:

A l’occasion de la sortie de Soap Apocryphe le premier roman de Pacôme Thiellement aux éditions Inculte, Le Monte-en-l’air n’est pas peu fier d’accueillir l’auteur le mardi 4 septembre. A cette occasion, Laure Limongi fera parler l’artiste et The Umbilical Chords nous offrira un concert.

A suivre, donc…