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lundi 17 juillet 2017

La nuit des temps, c'est à Rennes

On vous signale l'ouverture d'une nouvelle librairie, à Rennes. Son nom: La nuit des temps. Fruit de l'obstination de Ayla Saura et Solveig Touzé, elle ouvrira début août et elle est située au 10 quai Emile Zola — sa particularité sera d'être axée, entre autres, sur le féminisme. Enfin.

Ayla et Solveig ont par ailleurs échangé récemment avec l'équipe d'une autre librairie qui vient d'ouvrir, Les Rebelles Ordinaires, à La Rochelle celle-ci, sous la houlette de Guillaume Bourain. 

Je résume: à l'ouest, que du nouveau.

vendredi 16 janvier 2015

Le mouvement perpétuel est une zone sensible

Aujourd'hui, qu'a-t-on pour 13 € ?  Une heure de travail accomplie par un saisonnier polonais récoltant des tomates. Un bon gigot, mais de provenance incertaine. Une coupe de cheveux potable (mais sans gel). Une capsule de champagne Baroni N°4. Un piquées-main perles de riz turquoise vert de six millimètres dont franchement on n'a rien à battre. Bref, tout ça manque cruellement d'ambition. Alors cherchons encore un peu. Mais surtout, trouvons. Oui! Imaginez que pour la modique somme de treize euros vous puissiez acquérir ce dont l'humanité rêve depuis que la roue a inventé l'eau tiède. Imaginez que pour treize euros vous puissiez tout simplement vous offrir… le mouvement perpétuel. Ah. Voilà qui vous en bouche un coin. Encore une extravagance, pensez-vous en haussant des yeux qui peinent à distinguer, au fond du ciel, les formes géométriquement discutables de la divinité (zut, c'est encore un satellite). Pourtant, ce n'est pas un canular. Le mouvement perpétuel existe. Il a même été découvert, inventé et réalisé par Paul Scheerbart, qui non seulement expose, révèle et détaille sa découverte mais nous permet en outre de la dupliquer, vérifier, admirer.

Pour cela, c'est très simple. Achetez Perpetuum Mobile, de Paul Scheerbart, que viennent de publier (en traduction) les indispensables éditions Zones Sensibles. Orphelin comme ses dix frères et sœurs, titillé par la vocation, à défaut de la position, du missionnaire, Scheerbart, née en 1863, finit par s'adonner à la critique d'art mais dilapida tout son héritage et sombra un temps dans la boisson, vice fatal s'il en est. Ebranlé par le sort et ses coups tel un clou capitulant sous les arguments du marteau, Scheerbart en conclut qu'il valait mieux écrire des romans populaires, ainsi que le lui suggérait son épouse, qu'il appelait gentiment "Ourse", car l'amour est ainsi fait qu'il fait de nous des animaux sensuels. Mais comme écrire des romans est une activité assez vaine, Scheerbart mit son génie au service de l'invention pure et dure et finit, non sans difficulté, par mettre au point un système de mouvement perpétuel, histoire de montrer à ses contemporains que la vie a, sinon un sens, du moins une certaine propension à la persistance.

Perpetuum mobile est le journal de bord de cette invention. A première vue, tout ça peut paraître fantaisiste. Et pourtant, au fil des pages, le lecteur frémit, vacille, cède sous la pression de la conviction. La stupeur, une fois parvenue à son comble, laisse la place à la révélation. Scheerbart, malgré son côté Cosinus, a réussi l'incroyable. Et comme les éditions Zones Sensibles ne sont pas du genre à laisser le lecteur sur le bord de la route et en caleçon à pois, elles fournissent avec le livre un kit d'assemblage du mouvement perpétuel, avec schéma, roues prédécoupées, pop-up, etc.

Vous pensez bien que j'ai voulu aussitôt monter le bidule. J'ai un peu galéré au début mais comme je suis du genre persévérant, j'ai persévéré. Eh bien, sachez que ça marche. Le mouvement perpétuel existe bel et bien, et il est beau, il est bon, il est juste, il roule des hanches et rit des yeux, c'est la périphérie devenu centre, l'inutile érigé en nécessité, la chance de votre vie. Imaginez une fellation mécanique assortie de roues délicieusement dentées. C'est un exemple, hein, ne vous emballez pas outre mesure. Mais franchement, ça vaut le coup et ça impressionne. D'ailleurs, Scheerbart avait entrevu les révolutions que provoquerait sur terre son mouvement perpétuel:
"L'homme aisé fera rouler derrière lui son potager et ses étables à cochons ou à bœufs – le perpé ne coûte pas cher – il durera aussi longtemps que les roues tiendront. Il faudra donc s'attendre, dans les premiers temps, à un véritable démembrement des différentes patries."
Même si vous navet – pardon: même si vous n'avez pas de potager, l'expérience vaut le détour. A vous de jouer, donc. De toute façon, on est vendredi, alors ne me faites pas croire que votre ambition première est de bosser comme un cyber moujik. Vous m'avez très bien compris: c'est le moment de refermer le couvercle de votre ordinateur et de sortir dehors. Et une fois dehors, faites comme si vous étiez vous-mêmes animé par un mouvement perpétuel: entrez dans une librairie.

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Paul Scheerbart, Perpetuum Mobile, l'histoire d'une invention, traduit de l'allemand par Odette Blavier (et Hélène Morice pour la Préface), éd. Zones Sensibles, 13 euros

jeudi 13 décembre 2012

Ptyx & Enig: mort au dodo!

On vous a déjà parlé ici de Ptyx, cette excellente librairie belge sise à Bruxelles, dans la commune d'Ixelles. A-t-on assez insisté, en revanche, sur la haute tenue de son site, qui n'est pas une simple vitrine truffée de couvertures aux alléchants bandeaux, mais bel et bien l'équivalent d'un blog de lecteur où Emmanuel Requette, le patron des lieux, taille dans la masse des livres pour extraire de vraies lectures nécessaires, en dehors des sentiers battus et rebattus. Au menu des livres qu'il nous détaille, et nous donne furieuse envie de lire, on trouvera au cours des mois derniers: Farcissures, de François Tison (Allia), Jérôme, de Jean-Pierre Martinet (Finitude), Elégies, d'Anna Akhmatova (Harpo &), Un château en enfer, de Donald Eastlake (Passage du Nord-Oust), La voie du régrès, de Georg Petz (Absalon), Fantôme, de Sigismund Krzyzanowski (Verdier), etc.
Des livres dont vous entendrez peu parler, sauf si vous lisez régulièrement, par exemple, Le Matricule des Anges. Des livres que seul un libraire pour qui l'expression "fond" sert de remise en forme permanente, peut vous donner envie d'aller visiter. Des livres que semble arracher à la nuit la devise de la librairie: "Hommes, regardez-vous dans le papier" (Henri Michaux). Si vous êtes dans les parages de cette exceptionnelle caverne, ce soir, on vous conseille vivement d'y faire escale, car ce soir il y a :

Rencontre avec Nicolas Richard, traducteur, et Dominique Bordes, éditeur, à l’occasion de la sortie de Enig Marcheur de Russell Hoban chez Monsieur Toussaint Louverture. A partir de 18.30.

On n'y sera pas, hélas, mais on boira une Rochefort 10° en l'honneur de cette réjouissante clique. Santé, Emmanuel! Cheers, Nicolas! Sokapiip la-hoa, Dominique!

samedi 25 juin 2011

Voir Charybde et lire (Pincio)

La chose est suffisamment rare pour qu'on la note, la retienne et en fasse bon usage: cette semaine, une nouvelle librairie a ouvert ses portes à Paris, dans le XIIème arrondissement, au numéro 129 de la rue de Charenton: la librairie Charybde, émanation dystopique de la librairie Scylla, antre d'or des mondes sf, fantasy, fantastique. Et dès mercredi prochain, donc le 29 juin, ça bouge: à partir de 18h, on aura l'occasion d'y voir et écouter Tommaso Pincio, venu présenter son nouveau roman, Cinacittà : mémoires de mon crime atroce, paru récemment aux éditions Asphalte (traduit de l'italien par Sarah Guilmault).
La particularité de cette nouvelle librairie aux rayonnages et tables impeccables? Elle ne vend que de la fiction (et oui, pas de livres de recettes bio ni de bel album sur le Qatar, faudra s'y faire). Que de la fiction, et qui plus est de qualité, ouverte aux éditeurs indépendants, prête à soutenir des titres ayant déjà quelques mois dans les pattes. Bref, un havre. Elle est ouverte tous les jours sauf le lundi et le dimanche, l'après-midi, avec nocturne le vendredi (ah le plaisir d'acheter un Chevillard à 22h01…). Aux commandes, trois amoureux des livres (Xavier, Robert et… zut, j'ai oublié son nom, qu'il me pardonne), lesquels seront rejoints bientôt par une ex-bibliothécaire, Anaïs.

jeudi 4 novembre 2010

CosmoZ dans le ventre de Jonas

Vendredi 5 novembre 2010
à 18h01

la librairie Jonas
(14-16 rue de la Maison Blanche, 75013)
reçoit Claro

à l'occasion de la sortie de son dernier roman
Cosmoz (Actes Sud)




Nous vous parlerons de radium, d'étain et de briques jaunes, mais aussi de tranchées, de mille soleils, de nains, de freaks, de parcs d'attraction, d'activités anti-américaines, d'arc-en-ciel, d'hommes-creux, de tornades, d'asiles de fous, de rutabagas, et ensemble nous essaierons de faire de cette "ultime entrevue dans le crépusculaire" (T.S. Eliot) une soirée atomiquement sémillante.




jeudi 22 janvier 2009

Le Clavier Cannibale

Sous ce titre paraîtra début mars (le 12 je crois) un recueil de textes de non-fiction, près de 250 pages d'articles inédits ou parus ici et là – certains ayant été repris sur ce blog ou son ancienne et défunte version –, traitant tour à tour de la traduction, d'écrivains américains, français mais aussi d'éditions. Une lecture/signature est déjà prévue à la librairie L'Arbre à Lettres Denfert, a priori le 2 avril, on confirmera ça bientôt.
C'est publié par Inculte, dans la nouvelle collection "Temps Réel" où paraît cette semaine un livre de Luc Sante, My Lost City sur lequel on revient très vite parce que c'est comme on dit roboratif. [Les maquettes sont signées Yann Legendre, décidément très fortiche.]
Par ailleurs, les éditions Arléa ressortent dans leur collection de poche mon tout premier roman, Ezzelina (paru… en 1986), et bon, ça devrait sortir en avril.



[Sinon, rappel: demain soir, Enard et Bertina présentent le nouveau livre de Rohe avec l'auteur à la librairie L'arbre à Lettres Mouffetard. Venez beaucoup.]