mardi 29 janvier 2013

L'empire de la chair et le corps révélateur montent en l'air

Bon, tout est dit ou presque sur l'affiche en ce qui concerne l'événement graphique de jeudi prochain, mais un petit rappel ne fera pas de mal. Yann Legendre a commis, assisté par ordinateur (à moins que ce ne soit lui qui ait assisté l'ordinateur), un port-folio intitulé "Flesh Empire", un recueil d’illustrations hors-commerce limité à 300 exemplaires (24 pages format A2 N&B), et publié par Inculte, que j'ai eu l'honneur (et l'aubaine) de préfacer (ça s'appelle "Le corps révélateur"cf. extrait ci-dessous). L'ensemble va donc être exposée à partir du jeudi 31 janvier à la librairie-galerie Le Monte-en-l'air jusqu'au 5 février (2 rue de la Mare, 75020) à l'occasion d'un petit vernissage qui aura lieu jeudi 31 janvier à 18h30. Yann Legendre nous expliquera sans doute comment il s'y est pris et je lirai sans doute quelque chose, il y aura sans doute des gens et sans doute à boire et sans doute viendrez-vous, on n'y peut rien, la vie est ainsi faite, de toute façon rien n'est jamais acquis à l'homme, ni sa force ni sa faiblesse et, bien souvent, ma foi, quand il croit ouvrir les bras, eh bien il se trouve que son ombre est celle d'une croix (ici, ajoutez un bruit d'hélico au loin et quelques arpèges déliquescents).
Précisons que des "extraits" de ces dessins tournant autour du corps-machine illustrent parallèlement une anthologie à paraître aux éditions Inculte, anthologie intitulée Cinquante nuances de cul, dont voici l'argumenteur [sic]:
Le « cul » a toujours irrigué la littérature, nous offrant des œuvres parfois délicates, teintées d’un érotisme désuet, parfois plus crues voire franchement pornographiques ou transgressives. James Joyce, Pierre Louÿs, Hubert Selby Jr., Sade, ou encore Baudelaire ont en commun d’avoir consacré des pages, des volumes, des œuvres entières à la « chose » sous toutes ses coutures, quitte à s’attirer les foudres de la censure. Les textes regroupés dans cette anthologie littéraire débridée traversent les siècles et l’histoire littéraire montrant que l’apologie du corps, des plaisirs (et déplaisirs) charnels n’a cessé d’obséder les écrivains, qui eux aussi ne pensent qu’à « ça ».
Bon. Tout le monde a suivi? Flesh Empire + le Corps révélateur = Monte-en-l'Air. C'est jeudi. De quoi ça parle? C'est tout simple:
"On fait souvent toute une affaire du corps dont le corps n’a rien à faire. Regardez-le ! Palpez-le ! Enfilez-le ! Il sort toujours gagnant du puits où vous l’avez plongé, fier geyser de chair, festive fusée, ni blanc ni noir, ni mâle ni femelle, telle la vérité dans le plus simple appareil, ah mais quelle machine, à croire qu’il est la forme des formes, le grand sportif revenu de toutes les compétitions, avec en sus une petite idée derrière la tête, qu’il porte haute, en couronne, solaire dès qu’il fait nuit et lunaire au petit jour, c’est sa façon à lui de se reproduire, d’attirer dans son orbite tout ce qui ensemence, et par ici la démence! à lui le manège à mille temps des affects et des pulsions hurluberlus ! Non, vraiment, le corps c’est de la dynamite, mais fluide, mais loquace, vouée aux plus lentes explosions qui soient, afin que tout le monde puisse suivre, à la queue leu leu ou l’un dans l’autre."


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