mardi 5 avril 2011

Chienne d'avis


Laïka est amoureuse. Amoureuse de la révolution, de son idée, de son mouvement, et bien sûr des formes inédites qu’elle prend sous l’impulsion des hommes : orbite, saccage, manège. Sanglée, son poil recouvert d’électrodes, un fin tube en plastique l’alimentant deux fois par jour, elle voit la Terre disparaître, lentement remplacée par un Plan, un plan qui n’a plus rien de quinquennal, elle s’en rend bien compte. Des traînées gris clair s’enroulent sur elles-mêmes. Des soleils mineurs noircissent. Et l’air de la cabine est saturée par une musique qui ne peut qu’être celle des astres, un bourdonnement modulé, ni gai ni triste, peut-être le chant de l’humanité enfin affranchie de l’intolérable fardeau des espoirs. Il ne neigera plus jamais, s’il faut encore des certitudes.
Les parents de Laïka passent un […]

La suite dans : Inculte / Le ciel vu de la terre 

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