FestivAlvignon (7), Hamlet, par Thibauld Perrenoud


On avait beaucoup aimé sa version précédente, en cinq heures, de Hamlet. Pour Avignon, Perrenoud l'a contracté en une heure et demie, dans le but déclaré d'affronter la pièce et le texte de Shakespeare "à l'os". Trois acteurs, une salle austère, très peu d'accessoires, décors limite zéro, et éclairage à l'avenant. Ce qui frappe au premier abord, c'est le texte, dont Clément Camar-Mercier a réalisé une traduction formidable,  ("Moins un fils que tu ne veux", déclare le neveu au tonton fratricide" – et paf). Mais là où, avec lui aussi une radicale économie de moyens, Gwenaël Morin fait chanter l'os et laisse ses acteurs l'encharner, Perrenoud préfère rester sur un registre mécanique, ne l'enrichissant qu'à force de bouffonnerie, ce qui ne marche pas forcément.

La folie shakespearienne, interprétée en mode Feydeau et jouée en tonalité farcesque, si elle tente d'approcher la fameuse mise en abyme qui fait le sel de Hamlet, trouve ici de bien pâles échos. Et quand Hamlet – Thibauld Perrenoud himself – s'arrache laborieusement une couche pleine avant de feindre de la déguster, on se dit que forcer le trait c'est parfois prendre le risque de perdre le fil. Plus machinée que scandée, la pièce court le risque de s'anthologiser d'un côté et s'anémier de l'autre. On a to be or not to be, on a pauvre Yorick, mais la poésie shakespearienne, même sauvée par la traduction, finit par se noyer dans le maleström pataud où pataugent les acteurs. On retient surtout les divagations en mode mineur d'Ophélie – Aurore Paris – qui trouve dans la lenteur et l'ineffable la note la plus juste. Et l'idée assez maline de faire jouer le roi nouveau par un simple spectateur, forcément mutique. Jouer ou ne pas jouer, quelle question…

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https://festival-avignon.com/fr/edition-2026/programmation/hamlet-355099

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