FestivAlvignon (4): L'hors-présence, de Tiphaine Raffier
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| © Christophe Raynaud de Lage |
Ici encore un dispositif qui semble faire florès depuis un bail au théâtre: la maison-cube transparente (elle l'était moins chez Gosselin…). Cette fois-ci, le huis-clos est total, et pour cause: une fratrie confinée dans la demeure d'une sœur mourante, venue ici pour l'aider à vivre dignement ces derniers jours. On est dans le vaudeville tragique, avec personnages un peu caricaturaux: le psycho-rigide qui ne lâche pas son chronomètre, le cadet sensible, l'empressée épuisante… Leur bienveillance est aussi nécessaire qu'étouffante, maladroite. Le thème est clair: doit-on aider un mourant qui souffre à abréger ses jours, dès lors que l'institution médicale ne peut/veut plus le faire (le malade n'est pas assez conscient…). Il est question d'une fiole fatale, d'une fatalité génétique, d'une soupe qu'il faudrait mixer… Etrangement, malgré l'ambiance morbide, la pièce n'est jamais pesante, juste empruntée.
La pression du thème – l'euthanasie – n'empêche pas la pièce de fonctionner autrement que comme une démonstration. Le jeu appuyé des acteurs, l'espace contraignant, et la présence d'un dispositif vidéo + micros permet un peu de gymnastique scénique. Fallait-il pour autant justifier narrativement la présence de caméras et de prises de son, en recourant à une voisine, elle aussi malade, qui a perdu un nouveau-né et cherche à s'identifier à la mourante ? Là, je sèche. Très romanesque dans le fond, avec une petite tentation "thriller", très "whodunit" (ou who is gonna do, it…), L'Hors présence joue assez naïvement sur des variations homonymiques (l'hors, Laure, l'or…), au cas où on aurait besoin de balises. Pourquoi pas. Il est aussi question d'une fontaine plus ou moins ensorcelée et de La Montagne magique de Thomas Mann, ce qui n'ajoute rien mais ne gâte rien.
Bon, ça décolle un peu en deuxième partie, avec un décor qui se scinde, l'absence de la mourante à l'écran et sur scène, mais on peine un peu à s'extraire de ce monde laborieusement explicite, où même l'allusif a de jolis sabots. La question de l'euthanasie flotte néanmoins, mais quand elle s'apprête à décoller, on a déjà filé ventre à terre vers d'autres horizons. Seront surtout touchés les spectateurs vivant une situation similaire – ou pas.
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https://festival-avignon.com/en/edition-2026/programme/l-hors-presence-354936



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