mercredi 9 juillet 2008

Summer time…


Je débranche le clavier cannibale jusqu'à fin août…
Toward grace…

dimanche 6 juillet 2008

Oyez le barde

Mon ange, je t'ai haïe, je t'ai laissé aimer
D'autres que moi, un peu plus loin qu'ici
Mon ange, je t'ai trahie, tant de nuits, alité
Que mon coeur n'a cessé de me donner la vie

Si loin de moi, si loin de moi, si loin de moi
Des armées insolites et des ombres équivoques
Des fils dont on se moque et des femmes que l'on quitte
Des tristesses surannées, des malheurs qu'on oublie
Des ongles un peu noircis, des ongles un peu noircis

Mon ange, je t'ai punie à tant me sacrifier
Icône idolâtrée, immondice à la nuit
Mon ange, je t'ai haïe, je t'ai laissé tuer
Nos jeunesses débauchées, le reste de nos vies

Si loin de moi, si loin de moi, si loin de moi, si loin de moi
Des armées insolites et des ombres équivoques
Des fils dont on se moque et des femmes que l'on quitte
Des tristesses surannées, des malheurs qu'on oublie
Des ongles un peu noircis, des ongles un peu noircis

Mon ange, je t'ai haïe, mon ange, je t'ai haïe.


(Bashung, "Tant de nuits", in Bleu Pétrole)

samedi 5 juillet 2008

Ohrid


Un cœur simple a reçu le Prix de la meilleure comédienne au Festival du Film français d'Ohrid (Macédoine). Prochaine étape: Karlovy Vary, République Tchèque (Francouzská režisérka Marion Laine uvede na karlovarském festivalu svůj režijní debut Prosté srdce, adaptaci povídky Gustava Flauberta s vynikající Sandrine Bonnaire v hlavní roli. ).

jeudi 3 juillet 2008

Perle


"Malgré l'ombre d'un tressaillement imminent, elle le surprit par un sourire qui, en dépit de sa ressemblance avec ceux qu'on adresse aux malades, parvint néanmoins à changer en pierre certaines extrémités de Kit." (Pynchon, Contre-Jour).

Ingrid

Un romancier va-t-il nous réécrire sa conférence de presse? Suspense…

Strip-tease intégral





Traductions



1. Thomas Sanchez, Kilomètre zéro,(Mile Zero), roman, Seuil, collection “Fiction & Cie”, mars 90 ; coll. Points-Roman 1993
2. John Barth, Le courtier en tabac (The Sot-Weed factor), Serpent à Plumes, septembre 2002
3. Sam Reaves, Le Taxi mène l’enquête (A long cold Fall), roman, Seuil, collection “Seuil policiers”, 1992 ; Points-Roman 1994
4. Paul Levine, L’héritage empoisonné (To Speak for the Dead), Seuil, collection “Seuil policiers”, 1992 ; collection “Seuil policiers”, 1995
5. Jerome K. Jerome, Journal d’un touriste (Diary of a pilgrimage), Arléa, 1993
6. Fredric Brown, Sang pour sang (The murderers), Fleuve Noir, in Les asticots ne mangent pas de cadavres, coll. Super Noire, 1994
7. Eric Frank Russell, Faiseurs de crimes (With a strange device), Fleuve Noir, 1998
8. Charlotte Armstrong, Incident au carrefour (Incident at the corner), Fleuve Noir, in Hollywood Stories, coll. Super Noire 1993
9. Ed McBain, Briser le mur (To break the wall), Fleuve Noir, in Hollywood Stories, coll. Super Noire, 1993
10. Eric Knight (Richard Halas), Rouge, impair et manque (You play the black and the red comes up), Fleuve Noir, 1995
11. Joe. R. Lansdale, Juillet de sang (Cold in July), Fleuve Noir, avril 1996; Folio policier
13. Laurence Gough, Poissons noyés (The Goldfish Bowl), Fleuve Noir, mars 1996
14. Jack Cannon, Massacres à New York (The Sniper), Fleuve Noir, coll. SuperCops, 1994
15. Jack Cannon, Le Cannibale (The cannibal), Fleuve Noir, coll. SuperCops,1994
16. Jack Cannon, Doses mortelles (The Smack Man), Fleuve Noir, coll. SuperCops, 1994
17. Jack Cannon, La chasse aux sorcières (The Hammer of God), Fleuve Noir, coll. SuperCops, 1994
18. Jack Cannon, L’escadron de la mort (The Death Squad), Fleuve Noir, coll. SuperCops, à paraître
19. Antony Penrose, Les Vies de Lee Miller (The Lives of Lee Miller), Arléa-Seuil, 1994
20. Mack Tanner, Les Anges de la mort (Killing Star), Fleuve Noir, coll. SuperCops, 1994
21. Mack Tanner, Les Motards de l’enfer (Death run), Fleuve Noir, coll. SuperCops,1994
22. Leonore Fleischer, Frankenstein (Mary Shelley’s Frankenstein), Presses de la Cité, 1995
23. Edward S. Curtis, Les Sioux (The Teton Sioux), Hors Collection, 1995
24. Molly Katz, L’ombre d’un doute (Nobody believes me), Presses de la Cité 1995
25. Sandra Scoppetone, Tout ce qui est à toi… (Everything you have is mine), Fleuve Noir, 1995
26. Sandra Scoppettone, Je te quitterai toujours (I’ll be leaving you always), Fleuve Noir, 1996
27. Sandra Scoppettone, Toi, ma douce introuvable (My sweet untraceable you), Fleuve Noir, septembre 96
28. Philip Finch, Piège sur le réseau ( F2F), Presse de la Cité, octobre 96
29. Seabury Queen, La Chapelle de l’horreur mystique, Fleuve Noir, coll. SuperPoche, 96
30. Nicholas Meyer, L’honneur perdu du sergent Rollins (Target Practice), Fleuve Noir, février1997
31. Colin Harrison, Manhattan Nocturne, Belfond, 1997; Pockett; 10/18
32. William T. Vollmann, Des putes pour Gloria (Whores for Gloria), Bourgois, 98
33. William T. Vollmann, 13 Récits & 13 Epitaphes (13 Stories & 13 Epitaphs), Bourgois, 98
34. Robert Silverberg, Dying inside, Omnibus, 1998
35. Thomas Pynchon, Mason & Dixon, Seuil, 2001 (en collaboration avec Brice Matthieussent)
36. William T. Vollmann, Récits arc en ciel (Rainbow Stories), Bourgois, 1999
37 Theo Hakola, Zorro – Non paru. [Retraduit par l'auteur]
38. Dennis Cooper, Guide, P.O.L, 2000
39. Josie Lloyd & Emlyn Rees, Jamais deux sans toi, Plon, 2000; France Loisirs 2001
40. Josie Lloyd & Emlyn Rees, Et plus si affinités, Plon, 2001
41. Salman Rushdie, Le nid de l'oiseau de feu, France Loisirs, 2000, in La Terre sous ses Pieds
42. Jeff Rian, Lexique Revolver, Purple, 2000
43. Mark Z. Danielewski, La maison des feuilles (House of Leaves), Denoël, septembre 2002
44. Dennis Cooper, Try, P.O.L, avril 2002
45. Salman Rushdie, Furie (Fury), Plon, 2001
46. William T. Vollmann, La Famille Royale (The Royal Family), Actes Sud, octobre 2004
47. James Flint, Habitus, Au diable Vauvert, 2002
48. Dennis Cooper, Frisk, P.O.L, octobre 2002
49. William Gaddis, Agonie d'Agapè [Agapé Agape], Plon, 2003
50. Arthur Bradford, Le chien de ma chienne [Dogwalker], Denoël, 2003
51. Michael Gira, La bouche de Francis bacon [The Consumer], Le Serpent à Plumes, 2003
52. Christopher Miller, Variations en fou majeur (Simon Silber, works for solo piano), Seuil, 2004
53. Michael Turner, Le poème du pornographe [The Pornographer's Poem], Au Diable Vauvert, 2003
54. William H. Gass, Le Tunnel [The Tunnel], Cherche-Midi, 2007
55. David Rees, Putain c'est la guerre [Get Your War On!], Denoël, 2003
56. Mark Z. Danielewski, Lettres de Pelafina [The Whalestoe Letters], Denoël, 2003
57. James Flint, Soft Apocalypse, Diable Vauvert, 2004
58. Harold Jaffe, Sex for the millenium, Denoël, 2005 [Jamais paru…]
59. Mark Leyner, Mégalomachine (Et Tu Babe), Cherche-Midi, 2004; 10/18
60. Nicholson Baker, Contrecoup (Checkpoint), Cherche Midi, 2005
61. Vikram Seth, The Golden Gate, Albin Michel, 2009
62. Ben Marcus, Le silence selon Jane Dark, Cherche-Midi, 2006
63. Brian Evenson, Contagion, Cherche Midi/Lot49, 2005
64. Kathy Acker, Sang et stupre au lycée (Blood and guts in high school, Laurence Viallet/Désordres, 2005
65. William T. Vollmann, Les Fusils (The Rifles), Cherche-Midi/Lot49
66. Hubert Selby, Waiting Period, Flammarion, 2005
67. Salman Rushdie, Shalimar le clown, Plon, 2005
68. Mark Z. Danielewski, O Revolutions, Denoël, 2007
69. Bush à Bush, le cherche midi, 2006
70. Joey Goebel, Torturez l'artiste, Héloïse d’Ormesson, 2007
71. David Markson, Arrêter d’écrire (This is not a novel), Lot 49, cherche midi, 2007
72. Sarnath Banerjee, Calcutta, Denoël, 2007
73. William T. Vollmann, Central Europe, Actes Sud, 2007
74. Thomas Pynchon, Contre-Jour, Seuil , 2008
75. William T. Vollmann, Pourquoi êtes-vous pauvres?, Actes Sud, 2008
76. J. Eric Miller, Décomposition, Lattès/Le Masque, 2008
77. Viken Berberian, Das Kapital, Gallmeister, à paraître 2009
78. Paul Verhaeghen, Omega Mineur, Lot49, à paraître en 2010



Ecrits

- Ezzelina, roman, éd. Arléa, 1986
- Insula Batavorum, roman, éd. Arléa, 1989
- Dialogue entre un certain Du Casse et Jean-Baptiste Troppmann, assassins, La Pionnière, 1993
- Le massacre de Pantin, ou l’affaire Troppmann, récit, Fleuve Noir, coll. Crime Story, 1994
- Éloge de la vache folle, roman, Fleuve Noir, mai 96
- Livre XIX, éditions Verticales, 1997
- La mort sanglier, in "Douze et amère", nouvelles noires, Fleuve Noir, 1997
- Enfilades, roman, Verticales, sept. 98
- Tout son sang brûlant, La Pionnière
- Chair électrique, Verticales, 2003
- Bunker Anatomie, Verticales, 2004
- Black Box Beatles, naïve sessions, 2007
- Madman Bovary, Verticales, 2008

Le charnier de l'Histoire…

"Vous pensez planer au-dessus de tout, imperméables à tout, immortels. Etes-vous stupides à ce point? Sais-tu où nous sommes, ici?"
"Sur la route entre Ypres et menin, si j'en crois les panneaux", dit Miles.
"D'ici dix ans, sur des centaines et des milliers de kilomètres à la ronde, mais surtout ici — " Il parut se raviser, comme s'il avait failli révéler un secret.
Miles était intrigué, et savait désormais dans quel sens tourner les aiguiles. "Ne m'en dis pas trop, allons, je suis un espion, tu te rappelles? Je vais rapporter cette conversation au QG national.
"Allez au diable, toi et les tiens. Vous n'avez aucune idée de l'endroit où vous mettez les pieds. Ce monde que vous prenez pour 'le' monde va mourir, et descendre en Enfer, et toute l'Histoire après ça appartiendra en propre à l'histoire de l'Enfer."
"Ici", dit Miles en scrutant dans les deux sens la route tranquille qui menait à Menin.
"Les Flandres seront le charnier de l'Histoire."
"Ah."
"Et ce n'est pas le côté le plus affreux de cette histoire. Tous vont embrasser la mort. Passionnément."
"Les Flamands."
"Le monde. A une échelle qui n'a pas encore été imaginée. Pas une peinture religieuse dans une cathédrale, pas Bosch, pas Bruegel, mais ça, ce que tu vois, la grande plaine, retournée et hersée – tout ce qui gît en dessous ramené à la surface –, délibérément inondée, pas par la mer venue réclamer son dû mais par la contrepartie humaine de cette même absence profonde de pitié – et pas un village ne restera debout. Des lieues et des lieues de crasse, des cadavres par milliers, l'air qui vous semble naturel désormais corrosif et mortifère."
"Plutôt désahréable", dit Miles.
"Tu ne me crois pas. Tu as tort."
"Bien spur que je te crois. Vous venez du futur, non ? Z'êtes les mieux placés."
"Je crois que tu sais de quoi je parle."
(Thomas Pynchon, Contre-Jour)

mercredi 2 juillet 2008

84 et des poussières


Je ne résiste pas à l'envie de reproduire cette photo, trouvée sur l'excellent site Food for your ears. On aurait préféré une machine à explorer le temps impasse Welles, mais bon…

mardi 1 juillet 2008

Saint-Pétersbourg

Un cœur simple, le film de Marion Laine, vient également de recevoir le Grand Prix du Festival du film international de Saint-Petersbourg. Le film sera également présent au festival d'Ohrid (Macédoine) et Karlovy Vary (République Tchèque). Il a entretemps été primé au Festival du Premier Film à La Ciotat (prix du public et prix de la meilleure réalisation). So far, so good…

dimanche 29 juin 2008

Festival du film de Moscou: Un Cœur Simple reçoit le prix spécial du jury


Isabelle Huppert, Marion Laine et Mylène Demongeot étaient à l'honneur ce week-end à l'occasion de la trentième édition du festival du film de Moscou. Isabelle Huppert a reçu le prestigieux prix Stanislavski, samedi soir. Marion Laine, pour sa part, a reçu le prix spécial du jury du festival de Moscou pour son premier long métrage, Un coeur simple, tiré de l'œuvre de Flaubert.

mardi 24 juin 2008

Après Carla dans Libé…

Le Parisien va faire sa une le 4 septembre avec une photo inédite de Thomas Pynchon. Le but: vendre 43 % moins d'exemplaires de ce numéro historique. On apprend également que La Vie du Rail a l'intention de faire figurer en couv une photo du Titanic. L'imagination a pris le pouvoir, c'est certain. Plus personne ne pense au pognon. On se laisse pousser les cheveux. C'est la chienlit. Quelque part, Villon tag des pendus, sous l'œil gorgé de pastis de la maréchaussée. La France est éternelle. Euh, si ça gêne personne, je vais écouter Einstürzende Neubauten en relisant Strangulation de Mathieu Larnaudie. Au moins j'apprendrai quelque chose.

Bastard Battle : Beau Brûlot

Céline Minard a écrit Bastard Battle dans le cadre d'un projet intitulé "fictions (des livres bizarres"), initié par Fanette Mellier, en Haute-Marne, pour Dissonnaces/Pôle graphisme de Chaumont, Haute-Marne. Eric Chevillard avait déjà œuvré en ces lieux. Le livre de Céline Minard paraît simultanément en édition graphique limitée (mais trouvable en librairies, entre autres à l'excellent Comptoir des Mots, à Paris, dans le 20ème arrondissement) et surtout chez LaureLi. Ceux qui ont lu R., La Manadologie et Le Dernier Monde ont pu mesurer l'ampleur du talent de Céline Minard. A peine doté de 100 pages, Bastard Battle est bien sûr lus grand à l'intérieur qu'à l'extérieur. On est au XVème siècle, en terre chaumontaise, ça ferraille, y a des donjons, des caparaçons, l'œil ricochette sur les graphies archaïques (cuer, icy, moult, amor, icelle et cetera). Il y a surtout la langue, qui s'auto-cannibalise avec goûtance et furye. Car Minard n'est pas mignarde, elle ne cherche pas à ciseler un petit bijou précieux, elle n'enfile pas le gant médiéval pour que s'y pose le faucon de l'exotique historique. Plutôt, tel Rabelais en son temps, elle réinvente le français de l'intérieur, tannant la langue en peaussière furax, injectant sept samouraïs en terre pré-gaulienne… Cocasse et prompt à la casse, Minard s'amuse et ne perd pas le fil de sa romance braque. On pourrait citer Rabelais, voire les Monty Pythons. Villon. Chiolodenko. Il y a dans ces cent pages une liberté, une fronde, qui font rire d'avance des bibelots bobos qui vont envahir dès fin août les étals à livres. Plaisir de lire un écrivain insaisissable, qui prend des risques, change de vitesse, déconne comme on dit dégaine, et fait mouche comme on dit feu de tout bois. "Et puisque la volonté m'en revient, non point en tant que requis mais en tant que requérant et offensé aux noms de tous les gens par vous occis ou rançonnés, je voius signale que la batalle se fera à cheval, que le cheval sera armé d'un caparaçon d'acier et sa teste couverte d'une testiere d'acier, que sa selle d'acier sera celle d'un destrier pourvu des ailettes portées coutumièrement en temps de guerre, sans aultre accessoire, et les estriers setont déliés." On vous aura prévenu. La rentrée se fera au triple galot, et tant pis pour les mules qui visent les prix ou les têtes de gondole. Prochaine étape: Zone, de Mathias Enard (Actes Sud).

Bunker Anatomy

"So lived Medusa: each morning, before brushing her hair, she took care to feed the one thousand nine hundred and twenty-eight snakes quivering on her head. She called them by name—Thorium, Argon, Rubidium, Strontium, Cadmium, Titanium, Helium…— lavishing them with a few flattering words and then, by feel, sliding a dead fly into each of their mouths. Digestion was immediate. When their bilingual hissing evoked nothing but an innocuous gas leak, she could then attempt to arrange the fauna that was her moptop—as a child, Medusa buried her face in anthills and counted to a hundred, lips shut, eyes closed, and from this monstrous apnoea experienced something like pleasure. But most often she was content to coat her hair with a barbituate-based pomade, waiting twenty minutes or so and then enshrining the greasy bouquet within a woolen cap. Her toilette was long and painful. Nude on the tiled floor of the bathroom, she rubbed newsprint rolled in a ball and moistened with gasoline over her arms, then washed them with soapy water and, when they were dry, polished them with a shammy. The process had to be repeated every day, or else grayish-green stains reappeared which had to be eliminated quite quickly with hot vinegar or with lemon juice infused with coarse salt. Which was inevitably followed by long warbled howls, which awoke the snakes, who flew into a rage; everything had to be done over. Most of the time, she went back to bed and stayed in front of the extinguished TV for hours, without answering the telephone, spying on her ashen reflection in the dead screen. When she was an adolescent, eating was a nightmare, her boar tusks knocked over the carafe, scratched the dishes, got stuck on the bread. She had to pull them out herself and cauterize her gums with hydrochloric acid so they wouldn't grow back. Once upon a time there was a girl called Medusa who each evening, to fall asleep, counted the cadavers of her petrified lovers. These latter, like certain of the living at certain times, preserved in the hollow of their navel a minute quantity of sperm, which formed a plug, the proper return of things. After which, duly turned to stone, they ended up in the garden of her small suburban home, more vertical than ever. Except when fucking, Medusa never removes her sunglasses." (Claro, Bunker Anatomy, translated by Brian Evenson).

Face à Pynchon


En librairie le 25 août:
Collectif
Face à Pynchon
lot49/Inculte
(le cherche midi éditeur)…




« La nuit ne leur réservait aucune terreur, ils avaient au centre de leur cercle un feu imaginaire, ils n'avaient besoin de rien, en dehors de leur sentiment inviolable de communauté. » — Thomas Pynchon


Il existe un mystère Pynchon : aucun entretien, aucune apparition publique. Soit, le lot commun des trois quarts de l’humanité. Pynchon voulait-il effacer son visage ? Son regard ? Ou, simplement, la crispation en une identité dépourvue de fondements, dont l’écriture cherche à se débarrasser ? Invisible et libre, Pynchon a changé la littérature avec des romans comme V. ou L’Arc en ciel de la gravité. A l’occasion de la parution de Contre-jour, son septième livre, le collectif d’auteurs de «Face à Pynchon » revient sur son œuvre et les motifs qui l’irriguent, ainsi que sur l’auteur, jusqu’ici sans biographe. Tous essayent de tracer, à leur manière, les contours flous de ce continent littéraire déraisonnable et jubilatoire.

Avec la participation de :
Elfriede Jelinek, Paul Royster, Pierre-Yves Pétillon, Richard Powers, Étienne Celmare, Michael Moorcock, Brice Matthieussent, Brian Evenson, Don DeLillo, Claro, Rick Moody, Mathieu Larnaudie, Fabrice Colin, Percival Everett, Tommaso Pincio, Laird Hunt, Zak Smith, Tom Robbins, Arno Bertina, Luc Sante, Bastien Gallet, Olivier Lamm, Joanna Scott, Tom LeClair, Pierre Senges.

lundi 23 juin 2008

C'est l'été, à vos choix, prêt, pressez!

dimanche 22 juin 2008

New York I Love You…

"Après cette nuit et cette journée de colère inconditionnelle, on aurait pu s'attendre de la part de n'importe quelle ville à une totale renaissance, une purification par les flammes, la liquidation des cupidités, spéculations immobilières, politiques locales – au lieu de quoi on se retrouvait en présence de cette veuve éplorée, ce comité d'arbitrage endeuillé, qui allait mettre de côté, consigner amoureusement et conserver impitoyablement toutes les saletés de larmes qu'elle comptait verser, et les compenserait au fil des ans en devenant la pire des salopes, la plus cruelle des villes, et Dieu sait s'il y en avait d'autres qui ne se distinguaient pas par leur candeur.
Apparemment déterminé, aventureux, viril, le prodige urbain n'arrivait pas à surmonter ce terrible viol nocturne, quand 'il' fut contraint de se soumettre, de s'abandoner, odieusement, en femme aveugle, à l'étreinte infernale de sa bien-aimée. Il passa les années suivantes à oublier et fabuler et tenter de recouvrer un vague respect de soi. Mais intérieurement, tout au fond, 'il' demeurait le giton de l'Enfer, la lope à la disposition de tous les habitants, la garce habillée en homme." (Thomas Pynchon, Contre-Jour).

jeudi 19 juin 2008

Si Gordo m'était conté…


Chez ton libraire dès le 26 juin… Gaffe!

États-Unis, 1958. Vous pensiez savoir ce qu’est un singe ? Vous ne connaissiez pas Gordo. Affublé d’un smoking first class et d’un QI digne de Harvard, la nouvelle coqueluche du tout-L.A. promène son spleen frelaté sur les plus grandes scènes du pays. Ce qui ne l’empêche pas de déprimer sec : depuis que sa petite amie s’est barrée avec l’inventeur des fusées V2, notre quadrumane au cœur d’artichaut s’est découvert un don pour les plans copieusement foireux.

Quelques conseils : si vous piquez le journal intime de votre ex et que ce journal s’avère contenir tous les détails d’une expérience classée secret-défense, ne le planquez pas dans le coffre d’une gare. Ne tabassez pas l’agent de la CIA qui vous file au train. Ne rejoignez pas Sinatra à Vegas dans l’espoir d’aller mieux. Ne vous mettez pas le KGB et Elvis Presley à dos le même soir. Ne recommencez pas à picoler en racontant vos malheurs à la terre entière.

Et surtout, surtout : ne kidnappez jamais Lauren Bacall.

And now…


Contre-jour, c'est dans la boîte! Bon, fallait bien que ça arrive un jour, ce point après le mot "grâce"… Certes, le boulot est loin d'être fini, puisqu'il y a la relecture des épreuves (1300 et quelques pages) à abattre d'ici le 12 juillet. Mais l'essentiel est fait. Comme à chaque fois qu'on achève une traduction, surtout de cette ampleur, un étrange sentiment s'insinue en vous: comme si ça n'était, justement, pas fini, comme si la traduction continuait, toute seule, dans l'ordinateur ou entre les pages, son travail secret, minéral, les mots s'ajustant très légèrement derrière le spath du silence. Hâte toutefois de se coller à la traduction d'Omega Minor, dont le début est un bel hommage à L'Arc en ciel de la gravité… Et puis on va relire aussi attentivement les épreuves de "Face à Pynchon", notre chouette collectif sur l'œuvre de Mr. P. 400 pages à peu près d'analyses serrées, de visions décalées, de témoignages précieux. Avec en avant-propos un texte passionnant d'Elfriede Jelinek, excusez du peu. Puis c'est Pierre-Yves Petillon qui nous livre un texte magnifique et sacrément documentée sur les ancêtres de Pynchon et l'usage qu'en fit l'auteur de V. Puis le programme se déroule, varié, contrasté, les textes se faisant écho,… Etienne Celmarre se penche sur Vineland, Moorcock sur Contre-Jour, Brice Matthieussent se rappelle notre traduction de Mason & Dixon et disserte sur la fameuse perluette (&…); l'américain Brian Evenson monte alors au filet et fouille les entrailles de Vente à la criée du lot 49. Votre serviteur se promène dans Contre-Jour, pour y décrypter l'incessante bilocation de ses tropes; Rick Moody, en deux textes impeccables, monre à quel point Pynchon a compté pour sa génération; Mathieu Larnaudie opère un malicieux et pertinent parallèle entre le couple Mason/Dixon et le couple Deleuze/Guattari; enfin, Fabrice Colin repeint Vineland sous de brillantes couleurs. C'est ensuite au tour de l'énigmatique Tomaso Pincio de farfouiller dans la malle ludique du maître. Laird Hunt s'immisce alors et nous parle de sa découverte de Pynchon, assez troublante. Arno Bertina explore les méandres de V., Luc Sante offre un beau portrait de Contre-Jour; Gallet/Lamm se coltinent l'Arc en ciel. Et Pierre Senges vient fermer le bal de façon très… Pierre Senges! Avec en prime des témoignages de DeLillo, Tom Robbins, Joanna Scott, Percival Everett et Richard Powers. Des dessins de Zak Smith. Quelques autres illustrations, aussi. Manque plus qu'un morceau de spath d'Islande comme au bon vieux temps de Pif Gadget!

mardi 17 juin 2008

Le 4 septembre 2008…

jeudi 12 juin 2008

Pourquoi?

Quelqu'un peut-il me dire pourquoi j'accroche à Trentemøller?

mercredi 4 juin 2008

Tranché vif


(Septembre 08, Lot49)

Après avoir perdu une main lors d’un règlement de comptes, Kline, un détective privé, se voit confier une enquête au sein d’une société secrète composée de mutilés volontaires, où un meurtre a été commis.
Mais pour mener son enquête, Kline doit gagner la confiance des membres de cette étrange secte. Or cette confiance se paie cher, car pour accéder à certains niveaux de la hiérarchie, il convient d’être à chaque fois davantage amputé… Jusqu’où Kline sera-t-il prêt à aller pour découvrir l’insoutenable vérité ?

Les voies de la confrérie sont-elles impénétrables ?

Dans la lignée de Poe et de Borges, une prose « incisive » au service d’un récit dérangeant, ou rivalisent humour noir et « banalité de l’horreur ».


Brian Evenson est l’auteur d’une dizaine de fictions ainsi que d’un essai sur Robert Coover et enseigne actuellement à la Brown University. Il traduit également des auteurs français. Lot49 a publié en 2005 son recueil de nouvelles, Contagion, suivi en 2006 du roman Inversion.

A PROPOS D’INVERSION :

« La meilleure surprise de ce début d’année. »
Philippe Djian

« Brian Evenson hisse son art à des sommets dignes de Jerôme Bosch ou Edward Munch »
Olivier Stupp, Technikart

« Une terrible puissance combinée à un humour ravageur »
Raphaelle Rérolle, Le Monde

mercredi 28 mai 2008

Gaffe !



Hélène Bessette - the Best

Bon, faut l'avouer, en 65 on avait trois ans, alors forcément à l'époque, Bessette, on a zappé, raté, manqué, pas vu pas lu. Heureusement il y a LaureLi, la collection de Laure Limongi. Du coup, on découvre. Mea culpa, je m'y mets sur le tard. Suite Suisse, qui vient de paraître, croix blanche sur fond rouge, est une tentative retour chariot (comprenez, en vers, c-d-d en prose "heurt indescriptible d'avortements" [Artaud]) pour narrer l'odyssée helvète de la môme LN. L'étoile neutre est d'emblée placée sous une autre, celle de l'échec à répétitions, de la non-intégration essuyée et maculée. C'est quoi, l'écriture Bessette, ici: une liberté qui se méfie de l'élégance et s'en va ronger l'ongle grammairien, ça taille et tranche, ça se bloque et ça fuse, ça limine et stase, ça porte l'eau prosodique à des degrés de simplicités proprement bouillantissime. L'air de rien, de rejet en coupe, Hélène Bessette double Hugo et emboîte le pas à Arno Schmidt, créant une scansion unique, qui se lit à voix haute et se claquette au bout des doigts. Ça serait opublié aujourd'hui, ça paraîtrait chez LaureLi. On lit, médusé, et on se dit: rhabillons-nous, cette femme sait tout de l'écriture. C'est, non seulement, malin magnifique mitonné, mais ça va où ça veut quand ça veut. Le genre d'auteur, tu en lis trois lignes, tu achètes tout, blind. Parce que Bessette manie la ponctuation comme un Mannlicher. Parce que la guerre est passé deux fois par elle (elle est née en 18, si je ne m'abuse), et morte en 2000. Roman poétique? Plus que ça. Alchimie poétique (le bobo-slam peut aller se rhabiller). Et personne, mais alors ce qui s'appelle personne, ne faisait "ça" à son époque. Même pas Queneau. Rarement vu une assurance pareille dans le coulé du phrasé – au prix, sûrement, d'odieuses tergiversations intérieures, d'apnées maudites. Un auteur oublié qui devient un rendez-vous. On s'y rend, justement, nécessairement. Comme il est dit page 183: "Qu'à cela ne tienne". C'est paru le 15 mai, alors n'attendez pas Noël. Merci LaureLi. Give me more…

Un hurlement traverse le ciel (extrait)


On l'a dit, Lot 49/Inculte sort fin août un livre collectif sur l'œuvre de Thomas Pynchon (d'autres essais sortiront en Lot49…). Je donnerai ici très bientôt le sommaire exhaustif, mais en attendant, un petit extrait du chapitre que je consacre à un certain Contre-Jour


DÉDOUBLER LES AMARRES
Une des notions clé du dernier roman de Pynchon, Contre-Jour, est certainement la « biréfringence », c’est-à-dire la propriété de double réfraction présentée par le fameux spath d’Islande, cette calcite très pure qui permet à la lumière de se dédoubler – à la lumière, donc à la vision et, partant, à la lecture. De là les nombreuses occurrences de certains mots, certaines expressions, soit à quelques lignes d’intervalle, soit se répondant d’un chapitre à l’autre ; de là les parallélismes des situations, des pensées, des émotions, etc., qui finissent par former une sorte de mystère « gaufré », à la fois sacré et impie.
Ainsi donc, ce que propose Pynchon, n’est pas tant une exégèse qui en cacherait une autre, que deux exégèses, co-existantes, simultanées. Mieux qu’un écho, chaque posture narrative a droit à son retour – éternel ? contingent ? – dans la trame complexe du récit. La bilocation, autre terme important dans le roman, talent propre au personnage de Magyakan, opère non seulement au niveau géographique, mais également historique, voire, parfois, lexical. Est dépassée ainsi la traditionnelle structure en strates d’un récit qui ne se contente pas de recourir à l’allusion. Plutôt qu’un sous-texte dissimulé sous un canon, on se retrouve donc en présence d’une narration biréfringente, cohérente avec la théorie quaternioniste d’une quatrième dimension. Or Pynchon systémise le processus de double réfraction au point de l’inscrire à la fois dans le micro – les particules – et le macro – le Temps, l’Espace.
Les Casse-Cou, ces ados aéronautes qui ouvrent le roman avec l’appel à « single up all line » (à dédoubler les amarres…), existent à la fois dans le monde imaginaire du récit d’aventure pour la jeunesse et dans la réalité décrite dans le roman intitulé Face au Jour. Leur particularité est d’en avoir, parfois, conscience, de sentir passer sur eux, à travers eux, pourrait-on dire, le phénomène de défictionnalisation qui les contraint à habiter le monde donné, situation qui bien souvent les plonge dans une apathie insouciante mâtinée d’effroi latent. Aussi ne s’étonnera-t-on pas que le roman débute par cette « fausse » entrée, le récit de genre, exercice dans lequel Pynchon excelle, en grand lecteur d’une certaine littérature d’avant-guerre – en l’occurrence, la célèbre série des aventures de Tom Swift, écrite par Victor Appleton, qui s’est déclinée sur de très nombreux titres dont on citera seulement, aéronautisme oblige, Tom Swift and His Aerial Warship , ou encore Tom Swift and His Air Scout. On remarquera pourtant que l’auteur prend soin de ne pas décrire précisément le véhicule céleste à bord duquel embarquent les Casse-cou, l’appelant tantôt skyship, tantôt airship, balloon, etc. De même qu’il se garde bien de nous préciser l’âge de cette joyeuse bande d’aéronautes, estampillés « boys » et parfois désignés comme étant des adolescents. Au nombre de cinq, ou 6 si l’on compte leur chien Pugnax, ils évoquent également d’autres « meutes » célèbres comme les «Famous Five» mis au goût du jour par Enid Blyton dans les années 40 [plus connus en France sous l’appellation de « Club des Cinq », club qui, rappelons-le, comptait en son sein un chien, Timmy, Dagobert dans la version française !]. On pourrait également aller voir du côté de Jules Verne, auteur ayant influencé, entre autres, Herbert George Welles, Welles dont la figure est récurrente dans Against the Day [p. 398 , 407 et 412], et dont Pynchon a pu lire ou parcourir certains volumes – Cinq semaines en ballon, Les Aventures du capitaine Hatterras, Robur le Conquérant, pour ne citer que ces titres […]



Nouvelles du Front

On a vu le nouveau Desplechin – Un conte de Noël –, qui loin d'être l'enfer névrotique œdipien qu'on pourrait croire (quel sale petit secret?), est une formidable déflagration d'événements dissidents, un fagot de lignes de fuite où chaque identité se cherche une faille, non à cultiver, mais à emprunter, pour dévamper – montage plus que malin, iconoclaste par endroits (fuck the faux raccords), lumière retenue, dialogues écrits et assumés comme tels, affects tordus et rires à contretemps, acteurs vaudou, une virtuosité venue des corps et y retournant… aucune chance de décrocher la Palme près de Nice, donc, bien trop couillu pour un certain aréopage épris de néo-réalisme (Sean Penn ayant annoncé la couleur en déclarant que le séisme en Chine conditionnerait ses choix esthétiques… heureusement qu'il n'y a pas eu d'inondation en Inde…). A part ça, ma traduction du Golden Gate de Vikram Seth (ce roman écrit en vers: 594 sonnets, soit en vf 8316 alexandrins, merci je sais compter) ne sortira ni en septembre ni chez Grasset, l'auteur ayant décidé que l'ovni avait sa place chez Albin Michel, éditeur de son précédent opus, Deux Vies. Donc, pour l'instant, pas de date prévue. En revanche, le décapant Décomposition, que j'ai traduit pour le Masque (qui jubile), vient de sortir de l'imprimerie et sera en librairie le 20 août: l'outsider qui tue, on peut dorzédéjadorénavan ainsi l'appeler. C'est signé J Eric Miller (pas de . après le J, et le J avant l'Eric, svp!) et comme on l'a dit ici c'est un conte de fées au pays de la mort qui vient, une traversée du continent désolé, la Mustang chauffée à bloc, son coffre hanté par un prince plus trop charmant. Même Fabrice Colin va aimer, c'est pour vous dire. Ah, j'oubliais: Pynchon. Contre-Jour. On entame la dernière ligne droite. La mort dans l'âme. On en aurait bien traduit encore trois mille feuillets, même si on va tranquillement vers les 2150 feuillets, ce qui une fois mis en page devrait nous donner du 1250 pages en Fiction & Cie. La jaquette ici, bientôt, genre mi-juin (des ballons pleins la gueule…). En attendant, le clavier va chauffer pour tenir les délais. Pleure, Stakhanov… Côté Viken Berberian, l'épatant Das Kapital est bouclé, mais là, patience, faudra attendre janvier 09. Le Poor People de l'ami Vollmann devrait pas tarder à arriver sur mon bureau sous forme d'épreuves. On va donc pouvoir s'attaquer fervemment à la traduction du déjà mythique Omega Minor… et enfin bosser d'arrache-pied sur ce foutu projet de Livre Vain, already-3-years-in-the-making, et qui va en prendre sûrement autant, sinon plus. Quant à Logomachine (ex-Coulée Douce et Tranché Vif), il fera, a priori, l'objet d'une mise en voix radiophonique sur France Culture – pour la version papier, on a donc le temps… Le Bolaño piaffe toujours sur la table de chevet, à côté du dernier Theroux: ça sera pour l'été, ces pavés, à l'abri du sable. Et on guette déjà le nouveau Minard chez LaureLi, entre autres joyeusetés de rentrée. En attendant les prochaines bombes des éditions Désordres, qui grâce à la pugnacité de Laurence Viallet, vont incessamment renaître de leurs cendres toujours incandescentes. Ah, oui, il paraît qu'il y a un nouveau Angot qui sort. Mais on sait pas encore qui le lira. C'est ça aussi, la vie des livres.

mardi 27 mai 2008

Le poing sur l'aktu

Koid'9? Cannes est fini et Pialat pleure. Rien de neuf sous le soleil de satin [sic]. Il paraît qu'Angot revient, que le tango revient, que Richard Millet go go go! Heureusement il y a Coover au Comptoir des mots le 3 juin, et Laure Limongi le 18 au même Comptoir pour parler d'Hélène Bessette, qui n'a pas de leçon à recevoir des Américains puisqu'elle écrivait, alors que nous n'étions qu'une larve littérante, une prose desquamante. On lira donc Suite Suisse, et tout le reste. On lira aussi L'Or des fous, paru chez Gallmeister, récit indispensable à tout pynchonien qui se respecte de l'histoire de Telluride (Colorado), écrit par un baroudeur à la fois nomade et mélancolique, à la plume trempé dans l'œil de lynx et le cul de basse fosse, où chaque paragraphe est comme une pierre sur laquelle la main crispée se hisse vers l'étape flamboyante suivante – Rob Schultheis. Sous-titre: Vies, amours et mésaventures au pays des Four Corners. Une bonne partie de Contre-jour, de Pynchon, se passe à Telluride, cette ville minière percluse d'antiques mythes et désormais immonde resort bourge pour skieurs friqués. Schultheis est un poète inné, doté de crocs, de griffes et qui sirote sa métaphore et ménage ses coups. Un extrait suffira à mettre les karmas à l'heure: "Le fauve le fixe sans ciller de ses grands yeux phosphorescents, pareils à la lumière qui s'échappe d'un réacteur nucléaire. Cronk cronk slurp cronk. Ses mâchoires, qui auraient pu briser en deux une batte de base-ball aussi facilement qu'un gressin, fouaillent le tartare de cerf et il avale des pintes de sang encore chaud pour faire descendre le tout." C'est traduit – magistralement, symbiotiquement, jubilatoirement – par Marc Amfreville. Sinon, on peut relire L'Art Poétique, de Paul Claudel, et s'interroger : "Comme la main de celui qui écrit va d'un bord à l'autre du papier, donnant naissance dans son mouvement uniforme à un million d emots divers qui se prêtent l'un à l'autre force et couleur, en sorte que la masse entière ressent dans ses aplombs fluides chaque aport que lui fait la plume au marche, il est auc ciel un mouvement pur dont le détail terrestre est la transcription innombrable." En blind test, j'aurais dit: Pynchon. Sous le soleil de Satan: Depardieu flagellé, Sandrine Bonnaire et sa volubile confession, Pialat psalmodiant. Satan: pas vu pas pris. Contre-jour. Aujourd'hui, évidemment boulevard Saint-Germain, j'ai croisé Ana Karina dans la rue, après l'avoir (re)vue (avec Louison, The Godard-Golden-Girl) la veille au soir dans Une femme est une femme. Contre-jour, vous dis-je. Pialat pleure et tout le monde n'a pas la classe.

dimanche 25 mai 2008

Robert Coover au Comptoir


Rencontre avec
Robert Coover


A l'occasion de son passage à Paris, rencontre avec l'auteur américain Robert Coover autour de son dernier roman, Noir —

le 3 juin 2008
20h


Librairie le comptoir des mots 239, rue des Pyrénées 75020 Paris M° Gambetta

Lectures d'extraits en anglais par Robert Coover et en français par son traducteur, Bernard Hoepffner. (Robert Coover, Noir, Editions Fiction & Cie Seuil-

mardi 20 mai 2008

Du Jour au Lendemain


Vendredi 23 mai 2008, de 23h30 à minuit dix, Claro à l'émission d'Alain Veinstein, Du Jour au Lendemain, sur France Culture. Il y sera question d'Emma, de boucherie, d'Artaud, de Raymond Roussel, des romanciers à la louche, du lecteur…

jeudi 15 mai 2008

Thalys au pays des octets

Désormais, on peut surfer en roulant dans un train nommé Thalys. Le Wi-Fi ferroviaire : une rame sur quatre pour l'instant. Plus besoin de paysage, donc. Et un vrai reflet de notre démocratie: le cadre qui voyage en "first" aura droit à la connexion gratos tandis que le pékin qui s'obstine à se déplacer en seconde – pardon, en "classe Comfort 2" – devra débourser 6,5 euros pour une heure et à 13 euros pour un accès illimité (rien que ce terme fait frémir, appliqué aux rails). Le train ponctionnera trois fois? Je propose qu'on étende ce principe à l'ensemble d'à peu près tout. Vous rentrez dans une boulangerie, vous sortez votre document attestant que vous êtes imposable sur les grandes fortunes et hop, on vous la donne, la baguette (avec un croissant en prime). Vous brandissez votre carte de chômeur en réglant vos achats au supermarché et bing! une majoration de 10 % ! Mais non, la vie est mal faite, la société retorse, et il subsiste des inégalités, des passe-droits pour les pauvres.

vendredi 9 mai 2008

Independent Foreign Fiction Prize

Omega Minor by Paul Verhaeghen wins
Independent Foreign Fiction Prize 2008

Arts Council England has today announced the winner of The Independent Foreign Fiction Prize 2008 in association with Champagne Taittinger.

The Independent Foreign Fiction Prize 2008 has been awarded to the Belgian author Paul Verhaeghen for his novel Omega Minor. Paul Verhaeghen is the first author to have both written and translated the winning title and has therefore won the full £10,000 prize for his work translated from Dutch into English. The prize was presented earlier this evening at a ceremony at the Serpentine Gallery, London. The award, a partnership between Arts Council England and the Independent newspaper, was made in association with Champagne Taittinger.

The Independent Foreign Fiction Prize celebrates an exceptional work of fiction by a living author which has been translated into English from any other language and published in the United Kingdom in the last year.

Moving back and forth between the main stages of the past century, Omega Minor (translated from the Dutch and published by Dalkey Archive Press) is a tale of the survival of the soul. A novel of big ideas, the book’s whirlwind plot is set between Berlin, Boston, Los Alamos and Auschwitz, and takes in neo-Nazis, a physics professor who returns to Potsdam to atone for his sins, an Italian postdoctorate who designs an experiment that will determine the fate of the universe and a Holocaust survivor, who tells his tale to the willing ear of a young psychologist.

Omega Minor is Paul Verhaeghen’s second novel and his first to be translated from Dutch into English. Aside from his writing career, Verhaeghen also works as a cognitive psychologist; his work focuses on memory and the basic aspects of cognitive ageing. He currently resides in Atlanta, Georgia, where he is associate professor at the Georgia Institute of Technology.

Paul Verhaeghen will be donating his prize money to the American Civil Liberties Union in protest of US foreign policy.

Antonia Byatt, Director, Literature Strategy at Arts Council England, said:

"I am delighted Paul Verhaeghen has won the Independent Foreign Fiction Prize. It is a highly ambitious novel which tackles some of the major issues of our time. He deserves such recognition in England, not only for his remarkable writing but also for his