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vendredi 20 juin 2014

La rentrée avant la rentrée

Ils arrivent.
Ils sont arrivés.
Qui ça?
Mais les livres de la rentrée, voyons. Écrits, imprimés, signés, envoyés, par troupeaux entiers ils se fraient un chemin dans les rédactions et les boîtes aux lettres. Ils trépignent déjà, mais devront attendre fin août pour se ruer dans les librairies. J'ai eu la chance d'en recevoir quelques-uns, et je compte bien les dévorer cet été. Les attachées de presse insistent pour qu'on n'en parle pas avant parution, mais bon, on peut toujours contourner la loi et s'offrir le plaisir du teaser… Au programme, donc, pour l'instant: 

Tristesse de la terre, d'Eric Vuillard. Sous-titré "Une histoire de Buffalo Bill Cody", et paraissant dans la collection "Un endroit où aller", aux éditions Actes Sud, ce récit d'environ cent cinquante pages s'interroge sur la notion de spectacle à travers le phénomène du Wild West Show.

Goldberg: Variations, de Gabriel Josipovici, éd. Quidam, traduit de l'anglais par Bernard Hoepffner. Paru en 2002, ce roman de Josipovici, dont vous avez peut-être déjà lu Tout passe et Moo Pak, est une ode aux vives et aux vertus de la lecture, à la conversation et à quelques bonshommes comme Shakespeare et Homère.

Le soleil, de Jean-Hubert Gailliot, éd. L'Olivier. 530 pages, une table des matières de 6 pages, avec une petite centaine de pages imprimées sur du papier rose: l'objet intrigue. Il y est question d'un manuscrit volé. Chouette.

Les barrages de sable, traité de castellogie littorale, de Jean-Yves Jouannais, éd. Grasset. Vingt textes, stimulants, surprenants, libres, qui parle de castramétration, de Cadiot, de bibliothèque rose. 

Selon Vincent, de Christian Garcin,  éd. Stock. Quatre récits séparés par le temps et l'espace, mais avec pour pivot un drame commun. On salive d'avance.

Terminus radieux, d'Antoine Volodine, éd. Seuil. Six cents pages au fin fond d'une Sibérie radioactive où le rêve s'obstine. "Il n'y a plus d'araignées, dit Hannko Vogoulian." Brrr.

L'envoleuse, de Laure des Accords. Un premier roman magnifique qui sort aux éditions Verdier – un texte soleil noir, hanté par la prose de Rimbaud, épiphanique à souhait jusque dans l'écriture.

Voilà voilà. Ça fait déjà pas mal de lecture, non? Mais bon, j'ai peur que ça ne suffise pas à remplir mon été. Alors, si jamais des éditeurs ou des attachées de presse bienveillant(e) lisent ce blog, qu'ils/elles sachent que je serais ravi de recevoir les nouveautés des auteurs suivants: David Foenkinos, Jean-Marie Rouart, Olivier Adam, Frédéric Begbeider, Aurélien Bellanger. Allez, je promets même de ne pas en parler sur Le Clavier cannibale si je les reçois.

jeudi 28 mars 2013

Plutôt ciel (quand le CNES envoie en l'air les écrivains)

Et si on s'envoyait en l'air? Difficile de refuser pareille proposition. On a donc répondu présent à l'appel du CNES, le centre national d'études spatiales, qui, pour son Cahier de laboratoires de l'observatoire de l'espace du CNES (tous ces "de" comme autant de pulsars perdus dans l'espace…), baptisé plus sobrement Espace(s) /littérature et création, a demandé à quelques écrivains de se propulser dans des dimensions d'ordinaire réservés aux a(r)mateurs de SF. Eric Pessan étant à l'origine de cette démarche, on a pris la navette en vol sans hésiter. Comme chaque année, le principe était le suivant: réagir à un mot clé ayant un rapport avec l'aventure spatiale. Nous avons donc été une dizaine à sonder le galactique et tutoyer le quasar : Jakuta Alikavazovic, Claudine Galea, Christian Garcin, Albane Gelé, Jérôme Lafargue, Christine Lapostolle, Mathieu Larnaudie, Magali Mougel, Mariette Navarro et moi-même.
Comme l'explique Eric Pessan dans la préface au dossier en question:
"Des girafes du Niger à la peur panique d'être dans un lieu clos lorsque tombe la nuit, du cyclopéen projet Time Resort 1 à la navette soviétique Bourane, du héros oublié réfugié dans une maison en ruines aux rêves spatiaux de Calypso, du désir de celle qui observe la lune aux nébuleuses transmissions  d'informations, des architectures des temples d'Angkor aux premiers pas de Curiosité, sans oublier les apparitions de Hugo et Vermeeer, les textes déroutent, bifurquent, questionnent et étonnent."
Les mots clés, en l'occurrence étaient les suivants: atelier, bouquet, cachet, coup de foudre, équipe, protéger, savoir-faire, unique, vis-à-vis, voilà, chacun de ces termes ayant été redéfini par l'Observatoire de l'Espace du CNES en rapport avec l'espace – ainsi, "bouquet", que j'avais choisi, renvoyait à la tradition voulant qu'on remette un bouquet à l'astronaute revenant sur terre.
Mais ce numéro spécial ne se limite pas à nos dix interventions, et le lecteur trouvera également des textes de Bernard Chambaz, Emmanuelle Pagano, Fred Griot, Hortense Gauthier et bien d'autres. Et comme dans l'espace, contrairement à ce qu'on peut croire, on vous entend écrire, on trouvera même un texte de Vincent Ravalec, qui a réussi l'exploit non négligeable qui consiste à se poser la stupéfiante question que voici:
La création littéraire est un mystère […] Pourquoi et comment arrive-t-on à écrire? L'inspiration vient-elle du ciel? Des profondeurs de notre cerveau? Des profondeurs de notre cerveau inspiré par le ciel?
Fort heureusement, personne n'a eu l'indécence de répondre à Ravalec.
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Revue Espace(s) n°9 (Ed. Observatoire de l'espace / CNES), 19 €