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mardi 19 février 2019

Rencontre avec Jason Hrivnak

Mercredi 20 février, à 19h30, nous vous proposons de venir écouter et rencontrer Jason Hrivnak, auteur du Chant de la mutilation, son deuxième roman publié par les éditions de l'Ogre. La rencontre, où je l'espère vous rassure aucun lecteur ne sera blessé, aura lieu à la Librairie Charybde, 129 rue de Charenton, 75012 Paris.

Ayant eu la chance de traduire ce livre éminemment démoniaque, possiblement paranoïaque et très étrangement salutaire, je me permettrai d'être présent si mon train ne déraille pas (mais même amputé je viendrai, promis).

Pour vous donner envie de ne pas rester chez vous ce soir-là, voici ce que dit l'auteur de son livre:

"Ce n’est pas une fiction « classique », encore une fois, mais c’est complètement différent de La Maison des Épreuves. La question, la peur, qui me taraudait en écrivant ce livre était : comment une toute petite chose peut nous appâter, peut suffire à nous motiver pour vivre un jour de plus, et à quel point cette chose peut être petite. Est-ce que je marcherai sur du verre pilé pour une minuscule miette d’espoir, de chaleur ? Bien sûr, la réponse implicite à toutes ces questions est oui. Peu importe à quel point cette chose est petite, peu importent les obstacles qui barrent la route, vous allez essayer de l’obtenir quoi qu’il arrive. Alors ce livre est une sorte d’exercice : à quel point ce qui permet au personnage de survivre peut-il être minuscule ?"

Et puisque vous êtes du genre curieux, voici un extrait:

"Il n’avait pas encore pleuré, ce que je remarquai avec une certaine consternation, car il me semblait avoir réussi à le briser la veille, quelques minutes seulement après son réveil, le maintenant le temps qu’il me plaisait dans un état de désolation sanglotante. Je fermai les yeux et m’imaginai dominant les corps brisés de toutes les recrues que j’avais assassinées au fil des ans : les cadavres s’empilaient presque jusqu’à la taille autour de moi et, enfoui sous eux, un tiède filet de décomposition coulait comme de la soie sur mes pieds. Je tirai de la force de cette image et de l’idée que son corps rejoindrait bientôt cette cohorte, un nouveau débris sans valeur balancé sur le monticule moisi. Quand j’ouvris les yeux, la vision de ce carnage flotta un instant devant moi telle une brume musculeuse et à travers sa substance qui se dissipait, je le regardai grimper les marches menant à la surface du pont. Comme il franchissait la travée dans la pénombre du dépôt, je sentis une brève et délicieuse tension pareille à ce frisson qui précède le massacre, et une fois que l’obscurité l’eut complètement absorbé, je souris et inspirai profondément l’air pollué, car il se trouvait désormais sur mes terres. Je savais que si je lâchais sur lui les maux qui dansaient alors dans mon imagination, il ne durerait que quelques mois, six au plus, mais je trouvais néanmoins délicieuse la perspective de son imminente destruction. Appelez ça une mesure de mes propres obsessions, ma soumission à un idéal ténébreux. Si on me laissait faire, je purifierais ce programme de tout rythme, de toute modération et de toute périodicité et, au lieu de ça, soumettrais chaque recrue à un flot incessant d’horreurs. J’inventerais une offensive d’une éblouissante férocité – mieux vaut laisser les légions se tarir que d’admettre ne serait-ce qu’un candidat portant la souillure du banal – et les exterminerais toutes."






mardi 7 novembre 2017

Demarty Unlimited

La librairie Charybde recevra Pierre Demarty jeudi 9 novembre à partir de 19h30 pour évoquer son dernier livre, Le petit garçon sur la plage (éd. Verdier). Si vous l'avez déjà lu, vous serez ravi.e.s de rencontrer l'auteur, qui a écrit aussi deux autres livres (l'un à base de lave latine, l'autre potacho-immobilier) avec lesquels vous pourrez repartir (après les avoir achetés); si vous ne l'avez pas lu, même chose, mais avec trois livres au lieu de deux (sauf si vous déjà lu un de ses deux premiers livres, mais bon, ça s'offre aussi, les bouquins, pensez aux amis, et au libraire). Par ailleurs, sachez que Pierre Demarty est également un excellent traducteur, entre autres de Paul Harding (prix de la traduction Maurice-Edgar Coindreau) et de Vollmann (La tunique de glace), tous deux publiés en Lot49, renouant ainsi avec l'antique tradition de l'écrivain-traducteur, ce décadent dodo qu'aucun conquistador n'est encore parvenu à décimer.

Le petit garçon sur la plage, je le précise, n'est pas un ouvrage jeunesse ni un récit balnéaire. C'est une histoire de filiation tranchée (ou pas), d'abandon impossible, et si vous cherchez bien vous trouverez même, nichée entre les lignes, l'ombre de Scarlet Johansson, planant au-dessus de la dépouille d'un enfant turc. Improbable? Non: poignant. Nécessaire. On posera donc à l'auteur la question suivante: Pierre, peut-être qu'être père va de pair avec la perte? Allez, on s'entraîne.

Sachez que le livre de Pierre Demarty pèse 180 grammes. Ça vous changera du Alan Moore. Et en plus il est jaune, un peu comme le verdier, cet oiseau trapu au corps rondelet qui a le bord des primaires jaune vif.


L'adresse de la librairie Charybde : 129 rue de Charenton, 75012.

mardi 3 octobre 2017

Soirée Alan Moore: Si tu vas à Charybde…

Vendredi 6 octobre 2017: ça, c'est la date, sauvez-la. L'heure: autour de 19h30. Pour ce qui est du lieu, certains d'entre vous le connaissent déjà: la survoltée librairie Charybde, au 129 rue de Charenton, dans le XIIème arrondissement de Paris. Ce soir-là, je présenterai, avec l'aide aussi sensible que technique de Hugues Robert, le roman d'Alan Moore, Jérusalem. (S'il fait beau, je lirai peut-être un extrait du chapitre 26.) Quelques exemplaires de la version collector ("the black magic book") seront en vente (édition sous coffret, avec un ex-libris signé de Moore, tirage limité à 200 exemplaires, mais attention, il n'en reste déjà plus beaucoup…) Je précise qu'Alan Moore ne sera hélas pas présent à la rencontre, mais qu'il nous a promis de dépêcher sur place son protoplasme exfolié à géométrie variable. Qu'on se le dise.

En attendant, je vous invite à lire la note de lecture rédigée par le libraire, c'est ici. En voici le début:
"Jérusalem » est arrivé en français. Comme l’on ne craint guère l’hyperbole ici, lorsqu’elle est méritée, il semble bien que rien ne sera plus jamais tout à fait comme avant. Dans une époque où le roman (à de belles exceptions près) craint souvent l’épaisseur, sauf à dérouler de bien linéaires intrigues à rallonges dont l’haleine finit par sentir par trop l’artifice, et où le récit peine souvent aussi à maintenir une tension expérimentale, il fallait peut-être un auteur aussi profondément atypique qu’Alan Moore pour oser plonger avec volupté dans un tel défi, et nous offrir in fine un monstre qui ne sort pas de nulle part, loin de là, mais peut nous emmener au bout ou presque de nos appétits les plus fous de lectrice ou de lecteur."

jeudi 2 mars 2017

Céline Minard, libraire d'un soir


© Joel Saget / AFP
Le jeudi 2 mars, qui selon des sources extrêmement fiables tombe précisément aujourd'hui,
la librairie Charybde,
qui d'après nos renseignements se trouve au 129 rue de Charenton dans le douzième arrondissement,
renouvelle l'exercice périlleux mais stimulant (et stimulant parce que périlleux) du "libraire d'un soir" – le dernier en date était l'excellent Pierre Senges.

Le concept? Inviter un écrivain, ou un libraire, un éditeur, etc., bref, un lecteur au carré qui ne tourne pas en rond, et lui demander de nous présenter une modeste tripotée de livres qui lui parlent à l'oreille du cerveau et des sens. 

Et ce soir, qui coup de bol tombe un jeudi 2 mars, les manitous aguerris du repaire Charybde ont convoqué l'écrivaine Céline Minard afin qu'elle sorte le grand jeu et relève le gant de velours de ce défi de fer. C'est ça ou faillir être flingué. Au programme: sept textes, dont on ne sait encore rien à l'heure actuelle, sinon qu'ils nous aideront à supporter le dernier monde où nous vivons à partir de 19h30.

Voilà. Si vous aviez l'intention d'acheter des livres aujourd'hui, vous savez maintenant où aller. 



mercredi 1 février 2017

V comme Verdier




Le jeudi 2 février à partir de 19 h 31

la librairie Charybde
(129 rue de Charenton, 75012 Paris)

vous propose une soirée dédiée aux éditions Verdier

Plusieurs auteurs, traducteurs et amis des éditions Verdier viendront lire, partager et parler d’un texte et d’un auteur de Verdier qui leur tient particulièrement à cœur.


Avec la participation d'Anne Coldefy-Faucard, Michel Jullien, Christophe Manon, Jean-Yves Masson, Christophe Pradeau, Mathieu Riboulet et Claro.

[Note sur les participants à la soirée:

Anne Coldefy-Faucard co-dirige la collection « Poustiaki »;
Michel Jullien a publié cinq livres chez Verdier, dont Denise au Ventoux;
Christophe Manon est l'auteur d'Extrêmes et lumineux chez Verdier;
Jean-Yves Masson est écrivain et traducteur, il dirige entre autre la collection  "Der Doppelgänger" (littératures germaniques);
Christophe Pradeau a publié deux ouvrages chez Verdier dont La Souterraine;
Mathieu Riboulet a publié une quinzaine de livres, dont près de la moitié chez Verdier
Claro n'a rien publié ni traduit chez Verdier mais compte bien se rattraper un jour.]



jeudi 5 janvier 2017

Une femme léopard à Charybde



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"Ce livre fait partie d’une histoire familiale plus vaste, un système circulatoire comportant des morphinomanes et des héroïnomanes, des réfugiés, des comtes ioniens, une des plus riches familles des Etats-Unis ayant dilapidé sa fortune en essayant de ressusciter le théâtre grec antique, des Juifs lithuaniens, une demi-douzaine de musiciens, un peintre, plusieurs poètes (dont l’un candidat au prix Nobel) et des lesbiennes, des trafiquants d’opium, des faussaires, des serveuses, des entraîneuses de bastringue, une effeuilleuse du nom de Melena la Fille-Léopard (un de ses nombreux noms de scène), et un nain (un de ses cinq époux), qui tous  finirent par échouer sur les rivages de notre patrie américaine. Cette histoire débute en des temps et des lieux ignorés de nous – dans les plaines ambrées d’Anatolie, sous la lumière dorée de l’Attique,  dans les ombres de la Forêt Noire, avec des mariniers et des beaux esprits –, serpente à travers les premiers arpents de l’histoire écrite sur ce continent, parcourt l’Europe bohème et l’Amérique, et s’écrase contre l’histoire ordinaire de tous ces gais projets familiaux qui ont mal tourné."

Ainsi débute Animale machine, d'Eleni Sikelianos, qui paraît cette semaine en traduction aux éditions Actes Sud – certains d'entre vous ont peu-être lu Le Livre de Jon, dans lequel l'auteure explorait l'image-souvenir, à jamais diffractée, de son père. Dans Animale machine, la figure centrale bien que sans cesse décalée est sa grand-mère Melena, la Fille-Léopard. Des faubourgs de Smyrne au désert américain, des soirées bouzouki aux pierres semi-précieuses du rêve, Eleni Sikelianos s'attache à l'ombre fuyante de cette "féline" insaisissable, en tissant documents d'époques, récits fragmentaires, poèmes, digressions, souvenirs, entretiens, créant ainsi un vivant cabaret mnésique pour que danse une fois de plus Melena, et avec elle d'autres femmes fortes.

A l'occasion de la venue d'Eleni Sikelianos, à Paris, une rencontre-lecture à ne pas manquer :
le samedi 7 janvier 2017
Rencontre avec Eleni Sikelianos
à la libraire Charybde – 19h
129 rue de Charenton, 75012 Paris
(en présence de son éditrice et de son traducteur)
Venez nombreux!

__________________________________________
Eleni Sikelianos, Animale machine, traduit de l'anglais (Etats-Unis) par Claro, éd. Actes Sud

Note: Rappelons que, outre Le Livre de Jon et Animale machine, plusieurs recueils d'Eleni Sikelianos ont été traduits en français par les soins de Béatrice TrotignonLe poème Californie et Du soleil, de l'histoire, de la vision (éd. Grèges) – un autre recueil est en préparation. Par ailleurs, la librairie Charybde a déjà reçu Eleni Sikelianos, lors de la parution du Livre de Jon, le 16 mai 2012. 


lundi 7 septembre 2015

Charybde à trois le neuf

Vous avez peut-être eu vent de cette improbable rumeur, mais ce serait, apparemment, la rentrée littéraire. Allez savoir. Le fait est que la librairie Charybde, qui n'est pas seulement une librairie mais également un PCE (un pôle critique exigeant) a décidé de m'inviter avec deux illustres connus pour parler de nos livres les plus récemment récents.

Le 9 septembre, donc, à 19h30, je serai  en compagnie de deux autres auteurs publiés par Actes Sud: Mathias EnardBoussole – et de Mathieu LarnaudieNotre désir est sans remède. Nous aborderons très sérieusement les problématiques suivantes: doit-on mettre sa ceinture de sécurité quand on aime les sorties de route?  faut-il penser l'autre dans la différence de son altérité? comment percer l'écran sans devenir une ombre ? Reste-t-il du blanc? A signaler d'ailleurs que Hugues Robert a déjà causé dudit Crash-test, et c'est ici.

L'adresse: 129 rue de Charenton, 75012. 

Venez très beaucoup.

vendredi 6 mars 2015

De Charybde en Charybde

Hier, j'ai donc endossé la bure de libraire d'un soir chez Charybde. Un grand merci à tous ceux et toutes celles qui sont venu.e.s m'écouter. Pour les absent.e.s, voici la liste des livres dont j'ai parlé – certains avaient déjà fait l'objet d'une chronique sur ce blog:

Marguerite Duras, Ecrire, éd. Folio
Charlotte Delbo, Aucun de nous ne reviendra, éd. Minuit
Colette Mazabrard, Monologues de la boue, éd. Verdier
Maylis de Kerangal, A ce stade de la nuit, éd. Guérin
Olivia Rosenthal, Ils ne sont pour rien dans mes larmes, éd. Verticales
Jana Cerna, Pas dans le cul aujourd'hui, trad. Barbara Faure, éd. la contre-allée
Kate Braverman, Lithium pour Médée, trad. Françoise Marel, éd. Quidam

Sept femmes: sept livres forts. Barbe-Bleue peut aller se pendre dans son donjon. Tous ces ouvrages, vous les trouverez chez Charybde, bien sûr, même si pas mal d'exemplaires sont partis hier, ce qui est une bonne nouvelle.

Un grand merci, donc, à Hugues Robert qui a pris le temps de relire certains de mes livres et de les présenter à la fin de la séance – en particulier CosmoZ et Livre XIX, avec son enthousiasme et sa rigueur analytique irremplaçables. Hugues nous a expliqué entre autre qu'il n'était pas évident de faire rentrer le sexe dans une baguette de pain, et je crois que nous avons été nombreux à approuver. Il a été également question de mon dernier livre, Dans la queue le venin (éd. l'Arbre Vengeur), désormais plus connu sous le nom de "petit livre jaune". Merci à Anaïs et Marianne, toujours d'attaque. Merci à Nicolas Richard, Julie Bonnie, Pierre Demarty, Laure des Accords, Emmanuelle Mougne, Alain Nicolas, Yann Suty, Oliver Rohe, Isabelle Delatouche, Sally Bonn, Alban Lefranc, Jérôme Dayre, Benoît Virot, Benoît Laureau, et les autres – je ne peux tous vous citer, vous étiez nombreux – pour leur soutien et leur fidélité. Et j'ajouterai: Ne vous étonnez pas que Satan se démène pour vous occuper et vous distraire afin que vous perdiez de vue votre rendez-vous avec Dieu.

Je vous signale pour terminer que ce soir la librairie Charybde recevra Abdourahman Waberi, auteur de La divine chanson, Aux Etats-Unis d'Afrique, Pays sans ombre… Ses livres sont disponibles chez Zulma, en Babel etc.

Je vous laisse sur cet extrait du sublimissime Lithium pour Médée que vous allez me faire le plaisir d'acheter fissa parce que s'il existe bien un livre culte au monde, c'est celui-ci:

"Ses cellules étaient ancienne, m'expliquait-il. L'amibe originelle s'agitait en lui. Un poisson luttait pour faire naître ses poumons. Un amphibien était rejeté sur un rivage primitif et s'accroupissait au soleil, aveuglé, cherchant sa respiration. Le climat changeait. Les mammifères se précipitaient dans un monde nouveau. Une bête sauvage misait le tout pour le tout et descendait des arbres, délaissant la forêt amoindrie. La bête n'était ni rapide ni bien armée. Elle se nourrissait de charognes. Elle mangeait ce que les autres animaux laissaient derrière eux. Elle était, depuis le début, une créature innommable. Avec le temps, se rendant compte de tout son potentiel, elle était devenue homme."

jeudi 15 mai 2014

Pourquoi les dieux aiment-ils tant avoir des rapports sexuels avec les humains?

Ce soir, jeudi 15 mai, à 19h30, la librairie Charybde fêtera les dix ans de la collection Lot 49, abrité au cherche midi éditeur. Cette collection, que je codirige avec Arnaud "Invisible" Hofmarcher, publie essentiellement de la littérature américaine, à raison de quatre titres par an. Au programme ce soir, on essaiera de dissiper les légendes et de vous narrer la très véritable et néanmoins ahurissante naissance improbable de la collection lot 49. On se concentrera aussi sur une poignée d'auteurs, tels que Brian Evenson, Richard Powers, Paul Verhaeghen, Mark Leyner, Christopher Miller, Ben Marcus, Paul Harding, Lydia Millet, ou encore William T. Vollmann, avec lectures d'extraits en prime et annonce des prochains titres à paraître, plus quelques réflexions profondes et pertinentes sur l'état de délabrement dans lequel se trouve actuellement le monde peu connu mais passionnant de la buticulamicrophilie.
Le libraire nous confirme par ailleurs qu'il "serait également surprenant que l'on ne parle pas un peu de lecture et de cannibalisme". Toutes les infos pratiques ici.

En avant-première, pour ceux que la prose de Mark Leyner titille, voici un extrait de son prochain livre à paraître, Divin Scrotum. Dans le passage qui suit, l'auteur répond à la question "Pourquoi les dieux aiment-ils tant avoir des rapports sexuels avec les humains?". On vous laisse apprécier sa réponse…
 
"Pour eux c’est une sorte de descente dans les bas-fonds, une nostalgie de la boue (« Heimweh nach den Schmutz »). Et des tas de Dieux – parmi lesquels les plus importants – trouvent que les attentes des mortels et leur intelligence comparativement limitée rendent ces derniers tout simplement HYPER CHAUDS ! Ces Dieux trouvent l’angoisse existentielle de l’homme – qui sait que la mort est inéluctable mais ignore, à tout moment, quand et comment elle surviendra – SUPER EXCITANTE ! Paradoxalement, ils trouvent que ces caractéristiques qui subordonnent définitivement les êtres humains aux Dieux – sont SEXY, SEXY ! SEXY !! Et la seule pensée de s’avilir abjectement – de se vautrer – dans tous les âcres effluves et excrétions du corps humain les rend fous de désir. Ça, c’est la bonne nouvelle. La mauvaise, c’est que, pour un humain, avoir des rapports sexuels/romantiques avec un Dieu peut être une expérience intimidante, traumatique, voire tragique. Il faut être très prudent ! Les Dieux sont arrogants. Ils peuvent souffrir de troubles déficitaires de l’attention. Ils adorent vous embrouiller. Parce qu’ils sont immortels, ils ont tendance à être tout le temps en retard. Et parce qu’ils sont omniprésents, ils font souvent preuve d’un manque total d’empathie. Ils sont narcissiques et follement autocentrés. S’ils veulent coucher avec vous, peu leur importe en vérité quels sont vos sentiments ou ce que vous vivez. Aussi n’attendez pas de compréhension ou de patience de la part d’un Dieu juste parce que vous avez vos règles ou que vous devez bossez votre partiel ou que vous partez le lendemain vous battre en Afghanistan. Et si un Dieu semble  manifester un vague intérêt ou trahir quelque vulnérabilité, restez très sceptiques parce que leur comportement est très souvent hypocrite et manipulateur. Et ils sont hyper versatiles et vous devez toujours supporter leurs humeurs cryptiques et leurs violentes fatwas. Et ils vont et viennent (c’est-à-dire se matérialisent et disparaissent) afin que personne d’autre ne les voie – ce qui peut vous faire vous sentir très isolé des autres personnes."

vendredi 7 mars 2014

De Charybde en Quetteville

Ceux qui connaissent Sophie Quetteville savent ce qu'il en est: cette femme est une agitée aux mille bocaux. Ancienne libraire (MK2 Quai de Loire, Le Genre urbain, et rapide passage à Compagnie), ardente défendrice (eh oui) de la plus exigeante littérature, capable de monter sur une table à tout moment pour déclamer du Hélène Bessette ou d'imiter à brûle-pourpoint l'approche circonspecte du suricate, Sophie Quetteville a plus d'une passion dans son sac, et c'est en tant qu'inlassable lectrice que la librairie Charybde lui a demandé de venir jouer – non: incarner ! – le rôle de libraire d'un soir.
Donc, tonight, vendredi 7 mars, à 19h30, elle présentera sept ouvrages particulièrement chers à son cœur à la librairie Charybde, 129 rue de Charenton, 75012 Paris (09.54.33.05.71 – M° Gare de Lyon).

Signalons que la librairie Charybde n'est pas moins active que la grande Sophie, puisqu'elle multiplie à un rythme réjouissant les rencontres de qualité entre ses murs. Pas plus tard que mercredi dernier, elle invitait Emmanuel Ruben pour un ouvrage paru aux éditions du Sonneur, Kaddish pour un orphelin célèbre et un matelot inconnu. Ruben dont on devrait entendre parler à mon avis lors de la parution le 2 avril prochain chez Rivages de son excellent roman La Ligne des glaces (on vous en causera longuement lors de sa parution).
Charybde recevra également bientôt l'exponentiel Sébastien Doubinsky le 19 mars, et le duo Carole Zalberg/Arno Bertina le 28 mars. Croyez-moi, on n'est pas couchés…

lundi 18 novembre 2013

Opération Zazen

En avril dernier sortait aux éditions du cherche-midi, dans la collection Lot 49 que je dirige avec Arnaud Hofmarcher, un premier roman intitulé Zazen, écrit par Vanessa Veselka et traduit par Anne-Sylvie Homassel. Publié aux Etats-Unis par Red Lemonade, sous la houlette de l'excellent et très actif Richard Nash, ce roman décrit une Amérique "parallèle" au bord de l'explosion, dans laquelle un certaine Della, jeune paléontologue éprouvée par la vie, cherche refuge dans d'étranges activités : elle collectionne des photos d'immolations célèbres, joue avec des rats morts, déclenche de fausses alertes à la bombe… La réalité la rattrape le jour où un attentat frappe le centre commercial voisin. La ville s'enfonce alors peu à peu dans un climat de violence et de répression policière. Della décide de rejoindre un groupuscule radical, avec pour seule perspective l'enfer sur terre. 

Cette semaine, Vanessa Veselka est à Paris et nous vous invitons à deux rencontres. La première aura lieu demain mardi 19, à la Maison de la Poésie, où seront lus, par Claire Delaporte et en présence de l'auteur, un autre texte de l'auteur, intitulé L'autoroute des disparus, que publient les toutes jeunes éditions en ligne Moyen-Courrier, une maison d’édition numérique spécialisée dans les documentaires littéraires (essai personnel, reportage, histoire de procès, enquête scientifique, exploration des confins de la vie quotidienne…), des textes rangés dans la catégorie creative nonfiction de l’autre côté de l’Atlantique. L'autoroute des disparus est traduit par Philippe Aronson. C'est à 19h. C'est 5 euros la place. C'est ici.

La deuxième rencontre aura lieu jeudi 21 dans les murs très réceptifs de l'effervescente librairie Charybde (129 rue de Charenton, 75012), c'est à 19h également, et nous essaierons de répondre avec le libraire, l'auteur, et ses traducteurs à cette inquiétante question: Comment rester immobile quand on est en feu? Vous pouvez lire l'excellente critique écrite par le libraire Hughes Robert sur Zazen en allant faire un tour sur le site de Charybde, critique dans laquelle il décrit ce roman comme
"virtuose et drôle, cruel et ironique, critique sauvage d'une dérive capitaliste potentiellement finale et des illusions et de l'impuissance des "contre-cultures", [et s'inscrivant] d'emblée parmi les grands, lorgnant du côté des meilleurs Vonnegut, Ballard, Aldiss ou Womack."
Chez Charybde, c'est gratuit et en plus on vous offre le godet. Vous voilà prévenus. Venez très beaucoup.

jeudi 17 octobre 2013

27 ans et plus de dents: bienvenu au club Mythiq

Mourir à 27 ans? C'est possible! Rendez-vous ce soir jeudi 17 octobre à 19h à la librairie Charybde, 129 rue de Charenton,75012 Paris, où se tiendra la première assemblée générale des zélateurs vivants (et âgés de plus de 27 ans) du Club des 27.
Quoi? Vous ne connaissez pas le Club des 27 ? Mais si. Allez, faites un effort. Voilà, c'est ça. Ouf. Ce sont tous ces artistes, très souvent musiciens, qui ont refusé de découvrir les charmes pourtant sulfureux de la vingt-huitième année, et ils sont nombreux, les coquins, Wikipedia en recense au moins 44. Parmi les membres fondateurs de ce Club anti-trentenaire, on compte, excusez du peu, Janis Joplin, Brian Jones, Jim Morrison et Jimi Hendrix, et bien sûr n'oublions pas Kurt Cobain et la dernière recrue, Amy Winehouse.
Mourir à 27, c'est bien beau, mais pourquoi ? Oh, c'est très simple. Quand vous êtes une rock star, vous prenez plusieurs choses qui sont parfois incompatibles: véhicule + drogue + alcool. Du coup, paf : accident de la route (et/ou) overdose (et/ou) suicide. On vous avait pourtant bien dit qu'il faut raison garder et mélanger ne pas… Il existe des variantes, of course, mais qui ne vous empêchent pas d'intégrer ce club mythique (disparition mystérieuse, assassinat possible, syphilis carabinée, pancréatite aigüe…).

Yann Suty et le groupe Gotham.Lab – Ysam ont voulu non pas célébrer mais investir/détourner ce club en proposant à des écrivains et des artistes de produire quelques textes et images sur cette joyeuse bande des moins de vingt-huit. Seule contrainte pour les écrivains: écrire un texte de 27 lignes – ça tombe bien, puisque nous sommes rarement fichus d'aller au-delà spontanément.

Résultat, un ouvrage intitulé Mythiq 27, richement illustré, où chaque créateur aborde le disparu de son choix selon un angle à chaque fois singulier. Marc Villemain s'est occupé de réveiller Peter Ham, Jean-Philippe Blondel a secoué Rudy Lewis, Fabrice Colin nous parle du "seul et notoirement paumé" Jeremy Michael Ward, Brian Evenson se fait les griffes sur Kristen Pfaff, RJ Ellory tackle Alan Wilson, Manuel Candré ressuscite Mia Zapata, Alexis Jenni envahit Amy Winehouse, Oliver Rohe s'inquiète de Jean-Michel Basquiat, Laird Hunt déguste Damien Morris, etc.
Quant à moi, comme je suis contre la drogue (parce que c'est interdit et pas bien) et contre les voitures (parce que c'est dangereux), j'ai choisi non pas un dégénéré imprudent et chevelu mais un accidenté involontaire (quoique chevelu), à savoir l'électrocuté Les Harvey, co-fondateur du groupe Stone the Crows  ("zone danger où sont où vont les mains trempées dans l'acier / guitare d'une vie promise – et mourir, de mise, enfin l'est…"), etc.
Parmi les très nombreux artistes sollicités pour ce panorama de la mort jeune et douée (mais fauchée par une conduite répréhensible), on trouvera les artistes suivants: Invader, Rero, Antoine Gamard, Niark 1, Ludo, Blek le rat, Mademoiselle Maurice, Graphic Surgery, etc.

Vous voulez toujours en savoir plus sur les conditions d'adhésion à ce club? Ou vous souhaitez tout simplement vous procurer cet ouvrage? Venez donc ce soir  jeudi 17 octobre à 19h à la librairie Charybde, 129 rue de Charenton,75012 Paris. Vous y entendre lire quelques textes par Solange Bied-Charreton, Laurent Binet, Manuel Candré, Claro, Fabrice Colin, Elsa Flageul, Philippe Routier, Yann Suty & Marc Villemain. Les moins de 27 ans sont priés d'arriver vivants et dans un état impeccable.
(Une expos Mythiq 27 se tiendra également début décembre à l'espace Cardin: info ici.)


jeudi 21 février 2013

Un Quidam sinon rien

Tonite: Soirée spéciale
Quidam Editeur

Le 21 février 2013 à partir de 19:00, la librairie Charybde (129 rue de Charenton, 75012 Paris [09.54.33.05.71] M° Gare de Lyon) vous invite à une soirée dédiée à Pascal Arnaud, le formidable animateur de Quidam Editeur. Entouré de plusieurs de ses auteurs et amis, il nous présentera plusieurs ***titres*** de
             son 
                        excellent
                                             catalogue :

- Philippe Annocque nous parlera de La persistance du froid, de Denis Decourchelle ;

- Romain Verger nous parlera de Crevasse, de Pierre Terzian ;

- Laure Limongi parlera de B.S. Johnson et peut-être de Jérôme Lafargue ;

- Claro parlera de La femme d'un homme qui, de Nick Barlay (dont j'ai déjà parlé ici-même)

- Maïca Sanconie parlera du Imelda de John Herman et de Lithium pour Médée de Kate Braverman ;

- Michel Volkovitch évoquera le domaine grec chez Quidam (Ménis Koumandaréas, Ersi Sotiropoulos, ...) ;

- Vanessa Guignery, traductrice du B.S. Johnson, histoire d'un éléphant fougueux, la biographie dédiée par Jonathan Coe, nous parlera aussi de B.S. Johnson ;

- Pascal Arnaud lui-même évoquera Rolf Dieter Brinkmann, Reinhard Jirgl, Ron Butlin, Gabriel Josipovici, ainsi que Le bord du ciel de Maïca Sanconie ; et les libraires de Charybde vous diront un mot de Paulus Hochgatterer et de David M. Thomas.


Venez beaucoup !