mardi 1 juillet 2014

Aujourd'hui c'est poésie: Ohle Wesenberg Nielsen

Ole Wesenberg Nielsen est un poète danois qui écrit en anglais et rit comme un Irlandais sur le point de dévorer un Français tout en écrasant un Suisse avec un trèfle atomique à soixante-neuf feuilles. C'est aussi le seul type sur terre capable de conserver intact le pin's LOT49 que vous lui avez donné quatre ans plus tôt dans des conditions qui heureusement ont échappé à la police. Quand il vous serre la main, vous gagnez en amitié ce que vous perdez en préhension musculaire. Dans ses yeux pétille le feu sacré des bardes qui ont langé Burroughs. Il sait faire des cathédrales avec des allumettes, mais prend soin de les asperger de diesel et de fumer en même temps, car il est à la fois prudent et audacieux. Quand il vous dit "bonjour" en français, vous entendez "no future" en russe – c'est normal, ne vous inquiétez pas, c'est même bon signe.
Doué pour la catapulte nocturne et la cueillette du graal, à l'instar de son viking d'armes Sébastien Doubinsky, il est plus punk qu'un saut sans parachute et largement aussi rock que Sisyphe sous acide.  Son dernier recueil paru chez Leaky Boot Press oscille entre le haïku destroyo-épiphanique et le coup de boule salutaire et stylé. Il s'intitule d'ailleurs: Nothing is complete before it is broken – Rien n'est complet tant que ce n'est pas cassé. Bref, un art poétique, une technique de combat.  Comme on est mardi et qu'enfin juillet a consenti à montrer patte blanche, voici, traduit à la serpette mais sincèrement, quelques poèmes punk de l'ogre Ole:

La mort d'un nain de jardin

Le voleur de fleurs
a volé la tondeuse
la pluie noie les bruits
on ne l'attrapera pas
telle la poésie sans le son
nous sommes seuls dans ce jardin trempé
où les corbeau peuvent enfin chier



°°°
Comment tuer un papillon avec des mots

Une chenille me fixe du regard
et ça ne me plaît pas du tout
car moi aussi je pourrais être
un connard arrogant
je parie que c'est dû à un truc
dissimulant son véritable moi
poésie planquée au vu de tous

°°°

Nu, le vampire

Soudain un pieu perce mon cœur
et de nouveau me voilà cendres
je la vois dans l'aube si pure
— même sous terre j'appelle son sang


°°°°

Et maintenant passons à autre chose

Nous interrompons ce recueil
pour cet important message!!
la démocratie n'a jamais existé
et maintenant une page de publicité

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Ole Wesenberg Nielsen, Nothing is complete before it is broken, Leaky Boot Press, 2013 [ cf. http://www/leakyboot.com)


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