lundi 7 avril 2014

Shandy Odéon

Il y a peu, j'ai écrit une préface pour l'édition Garnier-Flammarion de Tristram Shandy, de Laurence Sterne (traduction Charles Mauron). En effet, sous l'impulsion de Charlotte von Essen, des écrivains ont été invités à présenter des textes classiques ayant eu pour eux valeur de balises. Ces préfaces connaissent un prolongement "live", puisque des rencontres sont organisées au Théâtre de l'Odéon. J'aurai donc le plaisir de lire des extraits de Tristram Shandy et de converser autour de ce livre incroyable avec Daniel Loayza demain mardi 8 avril à 18h à l'Odéon dans le cadre de "Pourquoi aimez-vous ? 50 ans de GF". 
Le roman de Sterne est une gestation permanente, dont il est probable que les multiples contractions donnent naissance à ce qui n'est rien d'autre que… le lecteur. De cela, il sera question demain, entre autres choses, car il est possible qu'on digresse plus que de raison – d'ailleurs, Sterne le dit très clairobscurément:
"Ces digressions sont-elles enfin terminées ? — Et cette rapsodie prendra-t-elle une forme ? Oui, mon cher lecteur, je sens qu’il est temps de vous ramener à mon sujet. Retournons donc à la sage-femme ; elle joue un grand rôle dans mon histoire, et j’aurais tort de l’oublier. — D’ailleurs, quoi de plus utile dans le besoin ? La chère femme est encore existante, et je vais tout de bon l’introduire. Tel est, du moins à présent, mon dessein. Mais j’ignore si quelque matière nouvelle, si quelque affaire imprévue ne surviendra pas inopinément entre nous ; et en ce cas, j’irais au plus pressé."
Donc, c'est demain mardi 8 à 18h, venez très beaucoup. Pensez éventuellement à réserver et c'est, oui, payant, cinq euros, mais bon, c'est l'Odéon, pas la patinoire de Cergy.

1 commentaire:

  1. Tristram Shandy.... un gros pavé, mais peut être un des fondements de la littérature moderne (ou postmoderne)

    Tristram Shandy.à l'origine publié entre 1759 et 1767 en 9 volumes séparés, le dernier juste avant la mort de Sterne. L'édition française date de 1776 (chez Ruault) -1785 (chez Volland), traduit par M. Frenais (celle du moins que j'ai). Malheureusement il y a quelques coupures (on passe de 352 chapitres à 312 dans l'édition Dehondt originale). on garde cependant les deux pages noires après la mort de Yorick et l'annonce “Hélas ! Pauvre Yorick” (Alas, poor YORICK) est sans son cadre. On garde aussi les deux chapitres vides.
    L'histoire de l'oncle Toby, racontée sur 4 + 1 lignes, manque.
    De même que dans le chapitre LXXXV du T. 3 avec pour titre “Sur les lignes droites”, le texte passe directement aux références à Cicéron et oublie les dessins (dommage).

    A vrai dire la traduction de Mauron (1946, Robert Laffon, 680 p.) n'est pas mieux et shunte un peu Sterne et ses références à Rabelais.

    La traduction "La chère femme est encore existante, et je vais tout de bon l’introduire" peut conduire à des interprétations hâtives qui n'étaient peut être pas dans l'esprit de Sterne (quoique !!!!). Il est vrai qu'il ne fait plus ensuite références à des carottes nouvelles (une question de recette et de gastronomie sans doute). Ce serait une question à débattre....

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