jeudi 4 avril 2013

Pardon semble être le plus dur mot

Jérôme Cahuzac présentant des excuses sur son blog pour avoir fait ce que l'on sait, Gilles Bernheim présentant des excuses pour avoir laissé son nègre pomper Lyotard, la firme Apple s'excusant pour son service après-vente en Chine, le maire de Troyes s'excusant au nom de l'UMP pour les petits pains au chocolat de Copé, l'OM s'excusant pour le pétage de plombs de Barton sur Twitter, la société Shibata s'excusant pour les ruptures de stocks, le joueur de ballon Cambiasso s'excusant pour un tacle face à la Juve, bidule Lacombe s'excusant pour ses propos misogynes, Benyamin Nétanyahou présentant ses excuses à la Turquie pour la mort de neuf passagers turcs, l'ex-directeur de la CIA s'excusant dans l'affaire Petraeus, le constructeur Ford s'excusant pour une série de pubs tendancieuses en Inde, le journal Le Monde s'excusant pour avoir dexcétruit des milliers de photos du photographe argentin Daniel Mordzinski, l'acteur Jean Rochefort s'excusant après ses propos au sujet de Mimie Mathy, le Parlement australien s'excusant pour les adoptions forcées dans les années 50… (Je sais bien qu'on ne doit pas dire "je m'excuse", mais il se trouve que c'est ce qu'ils font, ils s'excusent.)
La liste des excusants semble interminable. C'est le grand pardon (demandé, pas forcément accordé) puissance X. On ne sait trop quoi en penser. Faute avouée est à demi pardonnée, certes, mais la connerie assumée ne part pas au premier lavage. Ah, ça, on regrette que ce réflexe n'ait pas été de rigueur par le passé. Comme on aurait aimé entendre Staline s'excuser pour les purges, Danton pour l'excès de zèle de la Convention, Lautréamont pour avoir pompé Buffon, les parents de Florian Zeller pour avoir enfanté, la météo pour être aussi pourrie, l'atome pour s'être un peu violemment scindé, l'hydrogène pour faire autre chose que gonfler les ballons, Tintin pour avoir [censuré] Milou, etc.
Ma foi, c'est le moment où jamais pour y aller de son petit couplet excusant. Je me lance, donc: Je présente mes excuses à tous les livres qui s'entassent sur ma table de chevet. A condition qu'eux-mêmes me présentent des excuses pour s'entasser ainsi sur ma table de chevet. Parce que les excuses, n'est-ce pas, c'est mieux quand c'est partagé.

3 commentaires:

  1. Je présente mes excuses pour n'avoir pu terminer la lecture de ce billet..

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  2. staline, danton ou ducasse ne se seraient jamais excusés de quoi que ce soit. contrairement aux géniteurs de l'homme à la coiffure faussement négligée, voire au héros de BD zoophile, qui sait...
    sinon, rien à voir, mais après volmann et danielewski, c'est dans le tunnel que je m'enfonce: t'es vraiment dingue, camarade !

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